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ZONES DE REVITALISATION RURALE
Avant l'article 1er 83
Article 1er (article 1465 A du code général des impôts) : Modification des
critères de détermination des zones de revitalisation rurale (ZRR)
86
Après l'article 1er 91
Article additionnel après l'article 1er : Prorogation et extension aux travaux
de rénovation de l'amortissement exceptionnel pour les immeubles implantés en
zone de revitalisation rurale et en zone de revitalisation urbaine 92
Après l'article 1er 92
Article additionnel après l'article 1er : Exonération de taxe foncière sur les
propriétés bâties des logements situés en ZRR acquis au moyen d'une aide
financière de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat 93
Après l'article 1er 93
Article additionnel après l'article 1er : Prolongation de l'exonération de taxe
foncière sur les propriétés bâties, de taxe professionnelle ou des taxes
consulaires dont peuvent bénéficier les entreprises nouvelles dans les zones
d'aménagement du territoire 94
Après l'article 1er 94
Article additionnel après l'article 1er : Application d'un loyer réduit pour les
surfaces commerciales implantées aux frais des communes rurales 98
Après l'article 1er 98
Chapitre II - ACTIVITÉS TOURISTIQUES EN MILIEU RURAL 99
Article 2 (article L. 112-18 [nouveau] du code rural) : Création des sociétés
d'investissement pour le développement rural 100
Article additionnel après l'article 2 : Extension aux SIDER des avantages
fiscaux accordés aux sociétés d'investissement régional 104
Article 3 (article L. 714-3 du code rural) : Assouplissement de la règle du
repos hebdomadaire pour les activités d'agro-tourisme 104
Article additionnel après l'article 3 : Adaptation des critères de classement en
station balnéaire 105
Après l'article 3 106
Article additionnel après l'article 3 : Procédure de révision simplifiée du
schéma directeur de la région Ile-de-France 106
Après l'article 3 106
2ème partie du rapport
Chapitre III - DISPOSITIONS RELATIVES AU SOUTIEN DES ACTIVITÉS AGRICOLES
Article 4 (articles 72 D et 72 D bis du code général des impôts et article L.
731-15 du code rural) : Transmission à titre gratuit des déductions pour
investissement et pour aléas et exonérations de charges sociales
Après l'article 4
Article 5 (articles L. 323-2 et L. 323-12 du code rural) : Clarification des
obligations des associés d'un groupement agricole d'exploitation en commun
(GAEC) et délais de régularisation des GAEC en retrait d'agrément
Après l'article 5
Article 6 : Dispositions visant à assouplir les contraintes pesant sur le
fonctionnement des exploitations agricoles à responsabilité limitée (EARL) et
des sociétés civiles d'exploitation agricole (SCEA)
Article additionnel après l'article 6 : Autorisation de la participation des
mineurs à la constitution d'une EARL
Article 7 : Organisation des assolements en commun dans le cadre du statut du
fermage
Article 8 : Dispense d'architecte pour les constructions de faible importance
effectuées par des EARL à associé unique120
Après l'article 8121
Article 9 : Conditions d'indemnisation des producteurs de végétaux dans le cadre
de la lutte contre les organismes nuisibles
Article additionnel après l'article 9 : Modalités d'attribution de baux portant
sur les biens appartenant à des sections de commune
Article 10 : Harmonisation du statut économique et fiscal des entreprises
équestres
Article additionnel après l'article 10 : Dérogation à l'agrément préalable pour
les unités de production n'ayant pas pour objet principal la production d'huiles
utilisées comme carburant ou comme combustible
Après l'article 10
Article additionnel après l'article 10 : Aménagement du principe de réciprocité
Après l'article 10
Article additionnel après l'article 10 : Procédure administrative de
recouvrement des créances dues aux interprofessions agricoles
Article additionnel après l'article 10 : Extension de la liste des mots pouvant
être utilisés pour désigner des vins de pays
Article additionnel après l'article 10 : Application du régime fiscal des
entreprises agricoles aux entreprises paysagères
Chapitre IV - DISPOSITIONS RELATIVES À L'EMPLOI
Avant l'article 11
Article additionnel avant l'article 11 : Limitation de la solidarité financière
des membres d'un groupement d'employeurs
Avant l'article 11
Article additionnel avant l'article 11 : Conversion en indemnité du repos
compensateur du travailleur saisonnier en fin de contrat
Avant l'article 11
Article additionnel avant l'article 11 : Réalisation d'une étude d'impact
préalablement à une fermeture de classe en milieu rural
Avant l'article 11
Article 11 (articles L. 127-9 et L. 122-1-1 du code du travail) : Extension du
dispositif des groupements d'employeurs agricoles
Article 12 (article 224 du code général des impôts) : Régime d'exonération des
groupe-
ments d'employeurs du paiement de la taxe d'apprentissage
Article additionnel après l'article 12 : Constitution d'une réserve défiscalisée
finançant la mise en ½uvre de la responsabilité solidaire des groupements
d'employeurs
Article additionnel après l'article 12 : Convention permettant la mise à
disposition d'un employeur ou groupement d'employeurs d'un agent à temps non
complet par les petites communes
Article additionnel après l'article 12 : Retrait des salariés mis à disposition
de l'effectif de l'entreprise utilisatrice au titre de la formation
professionnelle continue
Article additionnel après l'article 12 : Prise en charge des créances salariales
d'un membre d'un groupement d'employeurs mis en liquidation judiciaire
Après l'article 12
Article 13 (article 25 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant
dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale) :
Assouplissement des règles de cumul d'un emploi public et privé dans les petites
communes
Article 14 (article L. 171-3 du code de la sécurité sociale) : Clarification de
la notion d'activité principale des travailleurs pluriactifs non salariés
Article 15 (articles L. 321-5 et L. 752-1 du code rural) : Rattachement du
conjoint collaborateur d'un travailleur pluriactif non salarié
Article additionnel après l'article 15 : Extension de la protection sociale des
conjoints collaborateurs aux conjoints concubins et pacsés
Après l'article 15
Article 16 (articles L. 931-15 et L. 931-30 [nouveau] du code du travail) :
Adaptation du dispositif du congé individuel de formation aux salariés du monde
agricole
Article 17 (article L. 953-3 du code du travail) : Application des dispositions
relatives à la formation professionnelle continue au statut de conjoint
collaborateur
Article 18 (article L. 212-4-12 du code du travail) : Assouplissement des
dispositions relatives au travail intermittent des personnes handicapées
employées par des ateliers protégés
Article additionnel après l'article 18 : Création de sociétés de gestion de la
pluriactivité
Après l'article 18
TITRE II - DISPOSITIONS RELATIVES AUX INSTRUMENTS DE GESTION FONCIÈRE ET À LA
RÉNOVATION DU PATRIMOINE RURAL BÂTI
Chapitre Ier - PROTECTION DES ESPACES AGRICOLES ET NATUREL PÉRIURBAINS
Avant l'article 19
Article 19 (articles L. 143-1 à L. 143-9 [nouveaux] du code de l'urbanisme) :
Elaboration par la région de périmètres de protection et d'aménagement des
espaces agricoles et naturels périurbains (PPAEANP) et de programmes d'action
Article L. 143-1 (nouveau) du code de l'urbanisme : Cohérence des différentes
politiques menées dans les espaces périurbains
Article L. 143-2 (nouveau) du code de l'urbanisme : Délimitation des périmètres
de protection et d'aménagement des espaces agricoles et naturels périurbains (PPAEANP)
Article L. 143-3 (nouveau) du code de l'urbanisme : Elaboration d'un programme
d'action relatif à l'aménagement et à la gestion de l'espace au sein de chaque
PPAEANP
Article L. 143-4 (nouveau) du code de l'urbanisme : Soumission à enquête
publique et approbation des projets de PPAEANP et des projets de programmes
d'action s'y rapportant
Article L. 143-5 (nouveau) du code de l'urbanisme : Acquisition et utilisation
de biens dans le cadre de la politique de protection et de mise en valeur des
espaces agricoles et naturels périurbains
Article L. 143-6 (nouveau) du code de l'urbanisme : Exclusion des terrains
inclus dans les PPAEANP des zones ayant vocation à être construitesArticle L.
143-7 (nouveau) du code de l'urbanisme : Modification du PPAEANP ou du programme
d'action s'y rapportant
Article L. 143-8 (nouveau) du code de l'urbanisme : Attribution des compétences
régionales en Corse
Article 20 : Conditions d'exercice du droit de préemption à l'intérieur du
périmètre de protection
Après l'article 20Avant l'article 21
Article 21 : Création d'une agence régionale des espaces agricoles et naturels
périurbains (AREANP)
Après l'article 21
Chapitre II - DISPOSITIONS RELATIVES À L'AMÉNAGEMENT FONCIER
Avant l'article 22
Article additionnel avant l'article 22 : Concours apporté par les SAFER à la
préservation des paysages, des ressources naturelles et de la diversité
biologique
Article additionnel avant l'article 22 : Elargissement de la composition du
conseil d'administration des SAFER
Avant l'article 22
Article 22 : Objectifs environnementaux de la politique d'aménagement rural
Après l'article 22
Article additionnel après l'article 22 : Droit de préemption des communes sur
des propriétés en vue d'en maintenir l'exploitation
Article additionnel après l'article 22 : Opération d'urbanisation intégrée à
l'environnement dans un but d'intérêt général sur une parcelle en friche depuis
au moins cinquante ans
Article 23 : Nature et déroulement général des opérations d'aménagement foncier
rural
Article additionnel après l'article 23 : Expropriation, en cas d'abandon
manifeste, des voies privées assorties d'une servitude de passage public
Après l'article 23
Article 24 : Décentralisation des commissions et procédures d'aménagement
foncier au profit du conseil général
Article 25 : Procédure préalable à la décision du conseil général ordonnant une
opération d'aménagement foncier
Article 26 : Modalités financières et techniques de mise en ½uvre des opérations
d'aménagement foncier
Après l'article 26
Après l'article 27
Avant l'article 28
Article 28 : Aménagement foncier agricole et forestier en zone forestière
Après l'article 28
Article 29 : Echanges et cessions amiables d'immeubles ruraux
Article 30 : Décentralisation de la procédure de mise en valeur des terres
incultes
Article 31 : Décentralisation des procédures de réglementation et de protection
des boisements
Article 32 : Adaptation des associations foncières d'aménagement foncier
Article 33 : Délais et exceptions pour l'entrée en vigueur des dispositions
relatives à l'aménagement foncier
Après l'article 33205
Chapitre III - RÉNOVATION DU PATRIMOINE RURAL BÂTI
Avant l'article 34206
Article 34 (article L. 411-57 du code rural) : Droit de reprise par le bailleur
d'un bâtiment présentant un intérêt architectural
Article 35 (articles 39 quinquies FD [nouveau] et 1388 quater [nouveau] du code
général des impôts) : Dispositions fiscales en faveur de la rénovation des
locaux destinés à l'hébergement des salariés saisonniers
Article 36 (article 31 du code général des impôts) : Déduction forfaitaire
applicable aux revenus des loyers perçus en zone de revitalisation rurale
Après l'article 36
3ème partie du rapport
TITRE III - DISPOSITIONS RELATIVES À L'ACCÈS AUX SERVICES
Chapitre Ier - MAISONS DES SERVICES PUBLICS
Avant l'article 37
Article additionnel avant l'article 37 : Information des élus sur les
suppressions et les réorganisations des services publics
Avant l'article 37
Article 37 (articles 27 et 27-1 [nouveau] de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000
relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations)
: Organisation des maisons des services publics
Après l'article 37
Article additionnel après l'article 37 : Convention avec une collectivité
territoriale permettant le maintien d'un service public de proximité
Article additionnel après l'article 37 : Modalités de conclusion de cette
convention
Chapitre II - DISPOSITIONS RELATIVES À L'INSTALLATION DES PROFESSIONNELS DE
SANTÉ ET À L'ACTION SANITAIRE ET SOCIALE
Article 38 (article L. 1511-8 [nouveau] du code général des collectivités
territoriales) : Aides octroyées par les collectivités locales pour favoriser le
maintien ou l'installation de professionnels de santéAprès l'article 38
Avant l'article 39
Article 39 (article L. 177-2 [nouveau] du code de la sécurité sociale) :
Coordination de la politique d'action sanitaire et sociale des caisses de
sécurité sociale en faveur des zones rurales
Après l'article 39
Chapitre II - DISPOSITIONS RELATIVES À LA SANTÉ VÉTÉRINAIRE ET À LA PROTECTION
DES VÉGÉTAUX
Article 40 : Exonération des vétérinaires ruraux de taxe professionnelle pour
deux ans
Article 41 : Renforcement du maillage du territoire dans les domaines de la
santé publique vétérinaire et de la protection des végétaux
Titre V bis - Épidémiologie et laboratoires
Chapitre Ier - ÉPIDÉMIOLOGIE
Article L. 256-1 (nouveau) du code rural : Réseaux de veille sanitaire
Article L. 256-2 (nouveau) du code rural : Obligation d'alerte sanitaire 238
Article L. 256-3 (nouveau) du code rural) : Décret en Conseil d'Etat
Chapitre II - LABORATOIRES
Article L. 257-1 (nouveau) du code rural : Compétence d'analyse officielle et
agrément des laboratoires
Article L. 257-2 (nouveau) du code rural : Laboratoires nationaux de référence
Article L. 257-3 (nouveau) du code rural : Laboratoires d'autocontrôle
Article L. 257-5 (nouveau) du code rural : Décret en Conseil d'Etat
Chapitre III - RÉACTIFS
Article L. 258-1 (nouveau) du code rural : Contrôle et mise sur le marché des
réactifs
TITRE IV - DISPOSITIONS RELATIVES AUX ESPACES NATURELS
Chapitre Ier - RESTRUCTURATION ET GESTION DES FORÊTS PRIVÉES
Avant l'article 42Article 42 : Assouplissement du DÉFI-Forêt en zones de
montagne
Article 43 : Prorogation de l'exonération de droits de mutation à titre onéreux
de parcelles forestières ou de terrains nus destinés à être reboisés
Article additionnel après l'article 43 : Création de groupements d'intérêt
forestier « Forêt-Bois »
Article additionnel après l'article 43 : Exonération cinquantenaire de taxe sur
le foncier non bâti pour les terrains plantés résineux en zones de montagne
Chapitre II - DISPOSITIONS RELATIVES À LA PROTECTION ET À LA MISE EN VALEUR DES
ESPACES PASTORAUX
Article 44 : Durée minimale des conventions pluriannuelles de pâturage et
conventions de mise à disposition d'espaces pastoraux aux SAFER
Article 45 : Conventions pluriannuelles de pâturage dans les forêts du domaine
de l'Etat ou relevant du régime forestier
Article L. 481-3 (nouveau) du code rural : Etablissement de conventions
pluriannuelles de pâturage dans les forêts relevant du régime forestier
Article L. 481-4 (nouveau) du code rural : Espaces pastoraux compris dans le
périmètre d'une association foncière pastorale
Article additionnel après l'article 45 : Modalités de constitution des
associations foncières pastorales
Article 46 : Exonération de taxe sur les propriétés foncières non bâties pour
les espaces pastoraux
Article 47 : Droit de passage des troupeaux sur les fonds agricoles abandonnés
Article additionnel après l'article 47 : Modalités d'attribution des biens
sectionnaux aux exploitants agricoles
Article additionnel après l'article 47 : Reprise de biens sectionnaux en cas de
non respect du règlement d'attribution
Après l'article 47
Article additionnel après l'article 47 : Chiens de protection de troupeaux
Après l'article 47
Chapitre III - DISPOSITIONS RELATIVES À LA PROTECTION ET À LA RESTAURATION DES
ZONES HUMIDES258
Article 48 : Définition des zones humides et intérêt général attaché à leur
préservation et leur gestion durable
Article L. 211-1-1 (nouveau) du code de l'environnement : Intérêt général
attaché à la préservation et à la gestion durable des zones humidesArticle L.
214-7-1 (nouveau) du code de l'environnement : Possibilité pour le préfet de
délimiter des zones humides pour l'application des régimes de déclaration et
d'autorisation au titre de la loi sur l'eau
Article 49 : Zones humides d'intérêt environnemental particulier et contrôle de
l'introduction de nouvelles espèces dans les milieux naturels
Après l'article 49
Article 50 : Zones stratégiques pour la gestion de l'eau
Article 51 : Extension des compétences du Conservatoire du littoral aux zones
humides des départements littoraux
Article 52 : Rôle des associations syndicales autorisées dans les zones humides
Article 53 : Exonération de taxe sur les propriétés foncières non bâties pour
les zones humides
Article 1395 D (nouveau) du code général des impôts : Exonération de taxe sur
les propriétés foncières non bâties pour les terrains en nature de prés ou de
landes situés dans des zones humides
Après l'article 53
Article additionnel après l'article 53 : Élargissement du régime des carrières
soumises à déclaration aux carrières de craie
Article additionnel après l'article 53 : Implantation de bâtiments agricoles sur
le littoral
Chapitre IV - DISPOSITIONS RELATIVES À LA CHASSE
Article additionnel avant l'article 54 : Possibilité pour l'Office national de
la chasse et de la faune sauvage de se porter partie civile
Avant l'article 54
Article additionnel avant l'article 54 : Repérage non armé du passage du
gibierAvant l'article 54Article additionnel avant l'article 54 : Missions de
l'Office national de la chasse et de la faune sauvageAvant l'article
54Article additionnel avant l'article 54 : Composition du conseil
d'administration de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage
Avant l'article 54
Article additionnel avant l'article 54 : Missions des fédérations régionales des
chasseurs
Avant l'article 54
Article additionnel avant l'article 54 : Avis des fédérations départementales
des chasseurs préalablement à la mise en ½uvre de battues administratives
Article additionnel avant l'article 54 : Intégration des frais engagés pour les
chasses d'affaires dans les charges déductibles des entreprises
Avant l'article 54Article additionnel avant l'article 54 : Règles applicables
aux chiens courants
Article 54 : Régime des établissements accueillant des animaux d'espèces non
domestiques
Article 55 : Orientations régionales de gestion et de conservation de la faune
sauvage et de ses habitats (ORGFH)
Section 2 : Orientations régionales de gestion et de conservation de la faune
sauvage et de ses habitats
Article L. 414-8 (nouveau) du code de l'environnement : Objet et procédure
d'élaboration des ORGFH
Après l'article 55
Article additionnel après l'article 55 : Ressources de l'Office national de la
chasse et de la faune sauvage
Article additionnel après l'article 55 : Abrogations
Article 56 : Conditions de délivrance et de validation du permis de chasser
Article L. 423-11 du code de l'environnement : Personnes ne pouvant obtenir la
délivrance du permis de chasser
Article L. 423-15 du code de l'environnement : Personnes ne pouvant obtenir la
validation du permis de chasser
Article L. 423-20 du code de l'environnement : Validation temporaire du permis
de chasser
Article L. 423-21 du code de l'environnement : Validation du permis de chasser
des non-résidents
Article 57 : Conditions d'exercice de la chasse
Article L. 424-8 du code de l'environnement : Régime du transport de gibier mort
Article L. 424-10 du code de l'environnement : Régime du transport de gibier
vivant
Article 58 : Schémas départementaux de gestion cynégétique, équilibre
agro-sylvo-cynégétique et plans de chasse
Article L. 425-1 du code de l'environnement : Principes d'élaboration des
schémas départementaux de gestion cynégétique
Section 2 : Équilibre agro-sylvo-cynégétique
Article L. 425-4 du code de l'environnement : Définition de l'équilibre
agro-sylvo-cynégétique
Article L. 425-5 du code de l'environnement : Agrainage et affouragement
Article L. 425-6 (nouveau) du code de l'environnement : Définition du plan de
chasse
Article L. 425-7 (nouveau) du code de l'environnement : Procédure de demande de
plan de chasse
Article L. 425-10 (nouveau) du code de l'environnement : Suspension des
dispositions qualitatives du plan de chasse
Article L. 425-11 (nouveau) du code de l'environnement : Responsabilité
financière en cas de non respect du plan de chasse
Article L. 425-12 (nouveau) du code de l'environnement : Remboursement des
dépenses de protection des peuplements forestiers
Article L. 425-13 (nouveau) du code de l'environnement : Décret en Conseil
d'Etat
Article additionnel après l'article 58 : Révision régulière de la liste des
animaux protégés Article additionnel après l'article 58 : Plan de gestion
Article 59 : Indemnisation non contentieuse des dégâts de gibier
Article L. 426-1 du code de l'environnement : Indemnisation par la fédération
départementale des chasseurs des dégâts causés par les grands gibiers aux
cultures agricoles et aux récoltes
Article L. 428-4 du code de l'environnement : Sanction pénale en cas de délit
caractérisé par un cumul de circonstances aggravantes
Article L. 428-5 du code de l'environnement : Sanction pénale en cas de délit
caractérisé par une circonstance aggravante
Article L. 428-5-1 (nouveau) du code de l'environnement : Sanction pénale en cas
de délit de « grand braconnage »
Article 61 : Gardes particuliers
Article 29-1 (nouveau) du code de procédure pénale : Conditions d'agrément des
gardes particulier de chasse et de pêche
4ème partie du rapport
TITRE V - DISPOSITIONS RELATIVES À LA MONTAGNE
Article additionnel avant l'article 62 : Insertion d'un chapitre Ier relatif aux
objectifs et aux institutions de la politique de la montagne
Avant l'article 62
Avant l'article 62
Article 62 (article 1er, article 6 bis [nouveau], article 7, article 9, article
9 bis, article 42 de la loi n° 85-30 du 9 janvier 1985 relative au développement
et à la protection de la montagne) : Adaptation du fonctionnement institutionnel
de la montagne
Article additionnel après l'article 62 : Création d'un chapitre intitulé «
Dispositions relatives au développement économique, au tourisme et à
l'agriculture de montagne »
Après l'article 62
Article additionnel après l'article 62 : Garanties des petites communes de
montagne ou de ZRR sur les emprunts d'un héritier reprenant une
entreprise familiale
Après l'article 62
Article additionnel après l'article 62 : Exonération conditionnelle de droits de
succession pour certaines entreprises artisanales, commerciales ou agricoles
situées en zone de montagne ou en ZRR
Après l'article 62
Article additionnel après l'article 62 : Affectation de la taxe départementale
des espaces naturels sensibles au maintien de la vocation agricole des terres de
montagne
Article additionnel après l'article 62 : Convention entre les communes non
membres d'un groupement pour l'exploitation des remontées mécaniquesAprès
l'article 62
Article 63 (article L. 2333-27 du code général des collectivités territoriales)
: Possibilité pour les communes de montagne de reverser tout ou partie de la
taxe de séjour aux EPCI
Article additionnel après l'article 63 : Fixation par décret en Conseil d'Etat
de la taxe sur les entreprises spécialement intéressées à la prospérité de la
station
Article additionnel avant l'article 64 : Création d'un nouveau chapitre destiné
à l'urbanisme en montagne
Avant l'article 64
Article additionnel avant l'article 64 : Bâtiments constructibles sur les rives
d'un plan d'eau naturel ou artificiel
Article additionnel avant l'article 64 : Adaptation des règles d'inconstructibilité
des rives des plans d'eau intérieurs
Avant l'article 64
Article 64 (articles L. 145-9, L. 145-11, L. 122-1 et L. 122-8 du code de
l'urbanisme) : Assouplissement de la procédure des unités touristiques nouvelles
(UTN)
Après l'article 64
Article 65 : Entrée en vigueur des dispositions de l'article 64
Après l'article 65
Article additionnel après l'article 65 (article L. 2334-22-1 [nouveau] du code
général des collectivités territoriales) : Augmentation de la dotation de
solidarité rurale des communes de montagne
Article additionnel après l'article 65 : Répartition de la charge financière des
travaux réalisés sur une section de la commune
Article additionnel après l'article 65 : Remboursement de la taxe intérieure de
consommation sur les carburants pour les petites entreprises des communes de
montagne
Article additionnel après l'article 65 : Programme pluriannuel d'incitation
financière des agences de l'eau
Après l'article 65
Article additionnel après l'article 65 : Extension de l'exonération des droits
de mutation applicable aux acquisitions de fonds de commerce et de clientèles
Article additionnel après l'article 65 : Affectation d'au moins 15 % du produit
de la taxe départementale sur les espaces naturels sensibles à la création et à
l'entretien de chemins forestiers
Après l'article 65
Article additionnel après l'article 65 (article L. 145-5-1 [nouveau] du code de
l'urbanisme) : Création d'unités d'intérêt général dans des zones récupérées sur
des friches
Article additionnel après l'article 65 (article L. 145-7 du code de l'urbanisme)
: Assouplissement des conditions d'élaboration des prescriptions particulières
de massifs
Après l'article 65
Article additionnel après l'article 65 : Aménagements particuliers en zones de
montagne pour le fonctionnement des moyens de télécommunications
Article additionnel après l'article 65 : Durée des contrats conclus pour la mise
en ½uvre d'opérations d'aménagement touristique
Article additionnel après l'article 65 : Affirmation du caractère d'intérêt
général du maintien des services de proximité en zones de montagne
Après l'article 65
TITRE VI - DISPOSITIONS RELATIVES À CERTAINS ÉTABLISSEMENTS PUBLICS
Avant l'article 66
Article 66 : Rôle de l'enseignement agricole dans le développement local
Après l'article 66
Article 67 : Organisation et rôle des chambres départementales d'agriculture
Après l'article 67
Article 68 (article L. 512-1 [nouveau] du code rural) : Organisation et rôle des
chambres régionales d'agriculture
Article 69 (article L. 513-1 du code rural) : Rôle de l'assemblée permanente des
chambres d'agriculture
Article 70 : Actions menées par les chambres d'agriculture départementales et
régionales
Article 71 (article L. 313-3 du code rural) : Missions et modalités
d'intervention du Centre national pour l'aménagement des structures des
exploitations agricoles (CNASEA)
Article 72 (articles L. 226-1 et L. 226-8 du code rural) : Substitution du
CNASEA aux établissements chargés d'éliminer les déchets d'animaux
Article 73 (articles L. 221-8 et L. 221-10 [nouveau] du code forestier) :
Rapprochement du Centre national professionnel de la propriété forestière et de
l'Institut pour le développement forestier
Article 74 (articles L. 121-4, L. 134-1 et L. 134-7 du code forestier) :
Contribution de l'Office national des forêts (ONF) au maintien de services
publics en zones de revitalisation rurale (ZRR) et clarification
des conditions de vente du bois par l'ONF
Article 75 : Création d'un établissement public pour la préservation et la
gestion du domaine national de Chambord
Article additionnel après l'article 75 : Consultation de l'INAO en matière
d'urbanisme
Après l'article 75
Article additionnel après l'article 75 : Création d'un Observatoire national de
la ruralité
TITRE VII - DISPOSITIONS SPÉCIFIQUES À L'OUTRE-MER
Article 76 : Recours aux ordonnances pour adapter certaines dispositions aux
départements d'outre-mer et à Saint-Pierre-et-Miquelon
TABLEAU COMPARATIF
AMENDEMENTS NON ADOPTÉS PAR LA COMMISSION
MESDAMES, MESSIEURS,
Les territoires ruraux connaissent aujourd'hui une situation contrastée : si
certains ont une démographie à nouveau favorable ou bénéficient de l'activité
des pôles urbains dont ils sont proches, d'autres n'ont pas encore réussi à
renouer avec le dynamisme économique et social. La population vivant dans ses
espaces, souvent enclavés, imparfaitement desservis par les services publics, se
sent parfois abandonnée par le reste de la collectivité nationale. La
représentation nationale, parce qu'elle est indéfectiblement attachée à l'unité
du peuple français et désireuse d'offrir à tous ses enfants les chances les plus
égales possibles, ne peut rester insensible à la détresse exprimée par les
habitants de nombreuses zones rurales fragiles.
Le projet de loi qui nous est soumis affiche l'ambition de répondre à cette
situation différenciée. A la lumière des nombreuses auditions qu'ils ont
réalisées, vos rapporteurs ont le sentiment que cette ambition est mal perçue
mais que ce pari est globalement tenu. Suite aux contacts noués avec les
diverses organisations professionnelles et notamment, en matière agricole, avec
l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA), vos rapporteurs se
sont attachés à enrichir et rendre plus lisible ce texte en commission.
* L'outil privilégié pour relancer la dynamique de développement des territoires
ruraux fragiles est constitué par les zones de revitalisation rurale (ZRR).
Le présent projet de loi prévoit une actualisation de ce zonage en les axant,
pour l'ensemble de leur périmètre, autour des établissements publics de
coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre dont au moins la moitié de
la population est incluse en ZRR. La responsabilité de ces EPCI en
matière de projet et de développement économique est ainsi réaffirmée.
Votre rapporteur Yves Coussain s'est cependant étonné et alarmé que les mesures
destinées à donner un contenu fiscal à ce dispositif, décidées lors du comité
interministériel à l'aménagement et au développement du territoire (CIADT) du 3
décembre 2003, et fondamentales pour exprimer la dynamique que le Gouvernement
entend insuffler aux zones rurales fragiles ne figurent pas dans le projet de
loi.
Il a donc ½uvré, avec le président de la Commission, pour que le Gouvernement en
intègre l'essentiel par voie d'amendements. Les amendements annoncés sont bien
parvenus à la Commission avant sa dernière réunion. Tout en s'en félicitant, le
rapporteur Yves Coussain regrette l'inertie de certaines administrations face
aux demandes de la représentation nationale.
Il regrette également que, dans le cadre de la politique de décentralisation
menée actuellement par le Gouvernement, il soit laissé à la charge des
collectivités territoriales les moins riches les exonérations fiscales
proposées, sans qu'aucun rééquilibrage des dotations au profit des collectivités
rurales ne soit engagé, toute initiative parlementaire en ce domaine se heurtant
aux règles de recevabilité imposées par l'article 40 de notre constitution.
Par ailleurs, la création des sociétés d'investissement pour le développement
rural (SIDER) apparaît comme une solution intéressante pour apporter un appui
aux projets de développement local. Il est cependant apparu nécessaire de faire
bénéficier ces SIDER des mêmes avantages fiscaux que les sociétés
d'investissement régional (SIR), sur le modèle desquelles elles ont été
instituées.
* Parce que l'activité agricole joue toujours, dans les espaces ruraux
dépeuplés, un rôle essentiel en matière d'emploi et d'occupation du territoire,
le projet de loi propose un soutien public renforcé et un cadre rénové pour les
relations entre les exploitants et les pouvoirs publics.
Cette rénovation passe d'abord par des mesures de simplification administrative,
qui sont indéniablement utiles. Ainsi, en matière d'agriculture de groupe, les
obligations des associés des groupements agricoles d'exploitation en commun
(GAEC) seront clarifiées, tandis que les assolements en commun pourront être
organisés dans le cadre du statut du fermage. Surtout, les transmissions
d'entreprises agricoles seront facilitées - en cas de succession, il deviendra
possible de transmettre la déduction fiscale pour investissement et celle pour
aléas -, tandis que la dotation aux jeunes agriculteurs (DJA) sera exclue du
calcul des cotisations sociales. En outre, les conditions d'indemnisation des
producteurs de végétaux seront améliorées dans le cadre de la lutte contre les
organismes nuisibles. Enfin, le régime économique et fiscal des activités
équestres est simplifié et rendu plus favorable grâce à l'assimilation de
celles-ci à des activités agricoles.
* Le développement des territoires ruraux suppose également que soient
favorisées certaines formes d'emploi adaptées aux besoins des populations
locales (Titre I- chapitre IV). Ceux-ci sont en effet souvent insuffisants pour
que les entrepreneurs privés ou les collectivités publiques puissent recruter
séparément un salarié à temps complet. Le présent projet de loi prévoit donc
plusieurs mesures destinées à favoriser les groupements d'employeurs, que votre
rapporteur Yves Coussain a estimées utile d'enrichir par des amendements visant
à limiter le principe de la solidarité financière des membres de ces
groupements. Il a également paru intéressant d'élargir les possibilités offertes
aux petites communes de mettre leurs agents recrutés à temps non complet à
disposition des employeurs privés, par le biais des centres de gestion.
En outre, certaines mesures très attendues par les agriculteurs permettront de
développer la pluriactivité des agriculteurs, qui sont de plus en plus souvent
actifs une partie de l'année dans le domaine du tourisme et des activités
commerciales qui y sont liées.
* A l'inverse des espaces ruraux défavorisés, les espaces périurbains
connaissent depuis plusieurs années un développement plus rapide que celui des
grandes villes elles-mêmes, conduisant parfois à une urbanisation anarchique.
Pour éviter que cette croissance ne s'effectue aux dépens des espaces agricoles
et naturels, le projet de loi prévoit la création d'une politique spécifique
qu'il charge la région de mener. Il est indéniable que, dans ces territoires, la
spéculation foncière conduit au départ anticipé d'exploitants agricoles ou à des
atteintes au cadre de vie auquel les habitants sont légitimement attachés.
Toutefois, le dispositif proposé par le projet de loi n'a pas convaincu la
Commission - comme l'ensemble des professionnels consultés -, qui l'a fortement
remanié pour le simplifier et pour confier aux départements plutôt qu'aux
régions la responsabilité de cette politique. En effet, le département, plus
proche des réalités du terrain que la région, doit disposer des compétences
d'aménagement qui seraient ainsi créées, ce qui semble d'autant plus légitime
qu'il exerce déjà un droit de préemption dans les espaces naturels sensibles :
la démarche de la Commission vise donc à simplifier le système envisagé et à
éviter un éclatement des politiques entre les différents échelons de
collectivités locales.
* La même démarche d'unification des modes de gestion au profit du département,
alliée au souci de renforcer la décentralisation, conduit à confier au
département une compétence globale pour diriger, en milieu rural, les opérations
d'aménagement foncier, alors que cette responsabilité incombait jusqu'alors au
représentant de l'Etat. Par ailleurs, dans un souci de développement durable, le
projet de loi propose de faire contribuer la politique d'aménagement foncier à
la lutte contre les risques naturels et à la préservation des paysages de
l'espace rural. Enfin, les outils de l'aménagement foncier seront simplifiés,
grâce au transfert dans le code rural de dispositions relatives à l'aménagement
forestier et grâce à la limitation à trois du nombre de procédures d'aménagement
foncier rural, la plus lourde d'entre elles restant le remembrement, désormais
intégré à la nouvelle procédure d'« aménagement foncier agricole et forestier ».
Il convient d'ajouter que plusieurs interlocuteurs rencontrés par vos
rapporteurs ont souligné la nécessité de ne plus inscrire l'aménagement foncier
dans une démarche purement agricole, puisque le remembrement est presque terminé
et que les agriculteurs ne représentent plus qu'un habitant sur dix en zone
rurale. Ce souci n'a pas conduit la Commission à modifier le projet de loi sur
ce point, compte tenu de l'annonce d'un projet de loi de modernisation agricole,
effectuant notamment une réforme des organismes de gestion foncière, avant la
fin de cette année.
La rénovation du patrimoine rural bâti, richesse de nos paysages et moyen
essentiel pour attirer de nouvelles populations dans les zones rurales, fait
l'objet du Chapitre III du Titre II. Certaines mesures facilitent la reprise par
le bailleur d'un bâtiment présentant un intérêt architectural, lorsque cette
reprise ne compromet pas l'exploitation. Par ailleurs, deux séries de
dispositions fiscales sont destinées d'une part à favoriser le logement des
travailleurs saisonniers, partant du constat que ces travailleurs ont de plus en
plus de difficultés à se loger dans les zones touristiques comme dans les
territoires à dominante agricole, et d'autre part à développer l'offre de
logements locatifs de qualité dans les zones de revitalisation rurale.
C'est là une mesure essentielle à la relance des zones rurales fragiles par
l'accueil de nouvelles populations actives ou non.
* Le projet de loi prévoit par ailleurs un soutien aux services de proximité par
le développement des maisons des services publics, qui pourront désormais
accueillir des personnes exerçant une activité privée. En outre, une mesure très
attendue des élus des territoires ruraux fragiles devrait permettre à une
personne publique de confier par convention l'exécution d'un service public de
proximité à une personne privée, ce qui a également poussé votre rapporteur Yves
Coussain à proposer le changement, de manière symbolique mais très
significative, de l'appellation de ces maisons.
* Les dispositions relatives à l'installation des professionnels de santé et à
l'action sanitaire et sociale visent, sans nul doute, à renforcer la présence
médicale dans les territoires ruraux qui connaissent, de ce point de vue, une
situation difficile. La question de l'accès aux services de santé étant
essentielle pour ces territoires par ailleurs marqués par un vieillissement
démographique, le Gouvernement a fait le choix de permettre aux collectivités
locales d'octroyer des aides incitant à l'installation ou au maintien des
professionnels de santé dans les zones sous-médicalisées. Votre rapporteur Yves
Coussain se félicite par ailleurs de la création d'une dotation à l'installation
des médecins, d'un montant de 10 000 euros et d'une durée de cinq ans, par la
loi de finances pour 2004. Cela va évidemment dans le bon sens, mais reste
insuffisant au regard de l'enjeu traité.
L'incitation à l'installation de professionnels de santé en milieu rural
nécessite un effort financier sans nul doute plus ambitieux que celui prévu par
le projet de loi qui est soumis à notre examen. Mais, les initiatives de la
représentation nationale étant contraintes par l'article 40 de la Constitution,
la marge de man½uvre dont notre assemblée dispose pour améliorer le dispositif
proposé par le projet de loi est malheureusement très réduite. Votre rapporteur
Yves Coussain souhaite donc que des amendements gouvernementaux permettent de
concrétiser les annonces faites à l'issue du comité interministériel à
l'aménagement et au développement du territoire (CIADT) du 3 septembre 2003,
concernant une exonération de taxe professionnelle, l'encouragement de stages
d'étudiants en médecine en zones rurales, ou encore l'attribution de bourses
spécifiques pour ceux qui s'engageront à exercer en milieu rural.
* S'agissant des dispositions relatives à la santé vétérinaire et à la
protection des végétaux, le projet de loi vise à renforcer le maillage sanitaire
du territoire ainsi que la veille sanitaire. La Commission, qui a globalement
adhéré à cet objectif, a souhaité par ailleurs, sur initiative de M. Gabriel
Bianchéri, modifier assez sensiblement le statut des vétérinaires investis d'un
mandat sanitaire, afin de garantir la pérennité de leur présence en milieu
rural, qui est aujourd'hui menacée.
* Concernant les espaces naturels, la Commission a évidemment soutenu la volonté
d'améliorer la restructuration et la gestion des forêts privées, un effort
particulier étant consenti en zone de montagne pour tenir compte du morcellement
des propriétés, qui constitue un handicap supplémentaire pour l'exploitation
forestière. L'assouplissement du DEFI-Forêt proposé par le projet de loi
constitue à cet égard une réelle avancée.
De même, la Commission a pleinement soutenu les dispositions visant à mieux
protéger et mettre en valeur les espaces pastoraux, qu'il s'agisse des
modifications apportées pour faciliter le recours à des conventions
pluriannuelles de pâturage, notamment dans les espaces forestiers, ou de la
fixation d'une durée minimale de cinq ans de ces conventions pour garantir leur
bonne articulation avec les mesures agri-environnementales souscrites par les
agriculteurs. Elle a par ailleurs souhaité améliorer le dispositif prévu en
matière de droit de passage sur les terrains abandonnés, afin de garantir aux
agriculteurs la possibilité de faire paître leurs bêtes sur ces fonds pour une
saison entière. Elle s'est également attachée à améliorer et compléter les
modalités d'attribution des biens sectionnaux aux agriculteurs.
Concernant les zones humides, le projet de loi permet de reconnaître leurs
spécificités et leurs handicaps, qui sont réels. On doit noter toutefois que la
Commission souhaite vivement que le Gouvernement dépose, comme il s'y est
engagé, un amendement étendant aux exploitants dont les terrains sont situés
dans des zones humides le bénéfice des aides prévues en faveur des seuls
propriétaires de ces terrains, lorsqu'ils mettent en ½uvre des pratiques
permettant de restaurer et mettre en valeur les zones humides. La Commission a
également souhaité élargir le champ de l'exonération de taxe sur les propriétés
foncières non bâties profitant à certaines zones humides, jugeant que la
rédaction proposée par le projet de loi était trop restrictive.
Le chapitre relatif à la chasse s'inscrit quant à lui dans la même logique que
celle qui avait prévalu lors du vote de la loi n° 2003-698 du 30 juillet 2003
relative à la chasse et, dans la même logique d'apaisement et de
responsabilisation des acteurs de terrain, traite plus spécifiquement des
instruments de régulation et de la gestion de la faune sauvage. La Commission a
souscrit à ces orientations générales, en complétant sur certains points le
dispositif proposé. Comme le Gouvernement, qui a déposé des amendements en ce
sens, elle a souhaité tenir les engagements qui avaient été pris au mois de
juillet 2003 en traitant la question de l'Office national de la chasse et de la
faune sauvage et plus particulièrement celle de son conseil d'administration.
Elle propose que celui-ci soit plus restreint et donc plus efficace, en
s'attachant à ce que les chasseurs se réapproprient cet établissement public qui
a un rôle majeur à jouer.
* Le présent projet de loi comporte également un important volet relatif aux
territoires de montagne. Il va sans dire que ces mesures étaient très attendues
par les parlementaires des deux assemblées, et notamment par les députés de la
Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale qui avaient
accueilli très favorablement les propositions formulées par le rapport de la
mission d'information sur les adaptations envisageables du droit applicable dans
les zones de montagne.
Elles sont aussi certainement très attendues par les populations des territoires
de montagne, qui ressentent souvent un sentiment d'abandon de la part de la
collectivité nationale. Votre rapporteur Francis Saint-Léger ne vise pas
certaines zones privilégiées bénéficiant des retombées très lucratives du
tourisme, mais plutôt les zones de moyenne montagne en pleine déprise économique
et sociale, à l'égard desquelles il est urgent de prendre des mesures permettant
de soutenir leur activité économique et de les intégrer dans une dynamique de
développement harmonieuse à l'échelle du massif auquel elles appartiennent. Un
récent rapport de la DATAR a en effet dressé un constat alarmant des «
territoires vieillis et peu denses à dominante agricole », dans lesquels les
perspectives de développement sont assez restreintes sans une vraie ambition
politique. La carte de ces zones dressée par la DATAR montre d'ailleurs
clairement qu'il s'agit principalement des cantons situés dans le Massif
central, sur les contreforts pyrénéens, et dans une moindre mesure dans le
Morvan.
Pour impulser cette volonté politique, il apparaît nécessaire :
- d'organiser une dynamique de développement en montagne. A cette fin, votre
rapporteur Francis Saint-Léger souscrit largement aux mesures contenues dans ce
projet de loi, visant à clarifier les compétences des différentes institutions
ayant cette vocation, en responsabilisant les acteurs de la montagne et en
facilitant la coopération avec l'État et ses services ;
- d'assouplir les carcans pesant sur le développement de la montagne. A cet
égard, on ne peut que se féliciter de la simplification de la procédure des
unités touristiques nouvelles (UTN) proposée par le présent projet de loi. Votre
rapporteur Francis Saint-Léger aura également à c½ur d'apporter certaines
solutions aux problèmes d'application des règles d'urbanisme, qui sont souvent
perçues comme trop contraignantes en montagne ;
- d'instituer une discrimination positive à l'égard des territoires ruraux de
montagne les plus fragiles. Certaines mesures destinées à renforcer le volet
fiscal des zones de revitalisation rurale permettront d'atteindre cet
objectif, mais votre rapporteur Francis Saint-Léger estime nécessaire, en zone
de montagne, de faire un geste supplémentaire à destination des petites
entreprises, des artisans et des commerçants qui doivent faire face à certains
surcoûts liés à l'environnement dans lequel ils exercent leur activité.
* Le projet de loi contient enfin une série de dispositions visant à adapter le
statut et le fonctionnement de nombreux établissements publics qui interviennent
en zone rurale, afin de moderniser et de simplifier les modalités d'intervention
de ces partenaires de l'Etat dans ces territoires. Les articles relatifs aux
chambres d'agriculture, rédigés en concertation étroite avec ces dernières,
donnent une existence législative à leur contribution au développement local ou
à l'existence de chambres régionales d'agriculture. Ces apports législatifs
doivent être l'occasion de rappeler, comme l'ont souhaité plusieurs organismes
consulaires rencontrés par vos rapporteurs, le grand intérêt des actions
interconsulaires en matière de revitalisation des territoires ruraux :
l'intention du législateur ne doit évidemment pas être d'y assurer une
prééminence des chambres d'agriculture.
Il convient également de mentionner l'extension des missions du service public
de l'équarrissage à la transformation des farines animales, le Centre national
pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles (CNASEA) devenant
responsable de l'ensemble de la gestion de ce service public ainsi que des
indemnisations accordées pour la destruction de certains déchets. La Commission
a adopté plusieurs amendements précisant les conditions dans lesquelles le
CNASEA pourra mener des actions d'accompagnement pour le compte de personnes
publiques en milieu rural, de façon à éviter un élargissement excessif et
monopolistique des compétences de cet établissement public sur des questions
n'entrant pas dans ses missions originelles.
Par ailleurs, l'Office national des forêts (ONF) pourra désormais être chargé de
nouvelles missions de proximité, telles que la distribution du courrier, dans
certaines zones difficiles d'accès. Enfin, dans un souci de simplification et
d'efficacité, l'Institut pour le développement forestier (IDF) est regroupé avec
le Centre national professionnel de la propriété forestière (CNPPF), tandis
qu'un établissement public est créé pour gérer le domaine national de Chambord,
qui relève actuellement de six ministères et trois établissements publics.
TRAVAUX DE LA COMMISSION
I.- AUDITIONS
A.- AUDITION DE M. XAVIER COMPAIN, PRÉSIDENT, ET M. VINCENT LESPÉRON,
VICE-PRÉSIDENT DU MOUVEMENT DE DÉFENSE DES EXPLOITATIONS FAMILIALES
Lors de sa réunion du 2 décembre 2003, la Commission a entendu M. Xavier Compain,
président, et M. Vincent Lespéron, vice-président du MODEF (Mouvement de défense
des exploitations familiales).
Le président Patrick Ollier a indiqué que la Commission recevait le président et
le vice-président du MODEF pour évoquer l'ensemble des questions intéressant le
monde agricole. Il a rappelé que les commissaires souhaitaient en effet depuis
plusieurs mois entendre les organisations professionnelles agricoles pour
discuter de l'évolution de l'agriculture française et, plus particulièrement, du
contenu du projet de loi relatif au développement des territoires ruraux, ce
texte devant être suivi en 2004 d'une loi dite de « modernisation agricole ». Il
a jugé essentiel de confronter les points de vue pour permettre aux
parlementaires d'enrichir le texte qui leur est soumis.
M. Xavier Compain, président du Mouvement de défense des exploitations
familiales (MODEF), a tout d'abord rappelé que le débat portant sur le projet de
loi relatif au développement des territoires ruraux s'inscrivait dans un
contexte particulier, l'année 2003 s'étant révélée calamiteuse pour les paysans
français et les récents choix européens, notamment la réforme de la politique
agricole commune (PAC), étant lourds de conséquences. Il a jugé que le projet de
loi constituait donc l'occasion de répondre aux attentes légitimes des paysans
français et, plus largement, de redonner des perspectives au monde rural. Il a
souligné que le MODEF ne pouvait se résigner à voir disparaître des
exploitations agricoles pour des raisons climatiques et a indiqué que son
organisation avait d'ailleurs participé à de nombreux groupes de travail réunis
par M. Hervé Gaymard, ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche
et des affaires rurales, à la suite de la canicule de l'été 2003. Il a jugé que
tous les interlocuteurs souhaitaient désormais une mise en ½uvre rapide des
mesures décidées, même si certaines d'entre elles ne vont pas assez loin. Il a
par ailleurs souhaité que soit réformé le régime des calamités agricoles, afin
que les agriculteurs bénéficient d'une indemnisation à la hauteur des pertes
subies. Il a suggéré que, dans ce cadre, le financement de la caisse nationale
de garantie des calamités agricoles (CNGCA) soit également réformé, en
instituant notamment une participation des industries agro-alimentaires, de la
grande distribution, des banques, des assurances agricoles et de l'Etat.
Puis, notant que d'autres pays européens avaient été également touchés par la
sécheresse, il a estimé indispensable que la PAC sorte de ses préceptes
réglementaires et apporte désormais une réponse solidaire aux attentes de la
paysannerie européenne. Déplorant que le Conseil des ministres de l'Union
européenne n'ait pas opté, le 26 juin dernier, pour une réorientation de la PAC
vers la rémunération du travail paysan par les prix, les dogmes libéraux ayant
prévalu, il a regretté qu'aient été édictées la mise en place d'un découplage
des aides et la fin à terme des aides compensatoires, parallèlement à la baisse
des prix et à l'introduction de l'écoconditionnalité des aides. Il a donc jugé
que l'accord de Luxembourg était une « arme d'élimination massive » des paysans
français. Il a rappelé que le MODEF militait quant à lui en faveur d'aides
directes et de droits à produire, prioritairement accordés aux petites et
moyennes exploitations, aux jeunes qui s'installent et aux exploitations en
cours de développement, ainsi qu'en faveur d'un couplage maximum des aides avec
la production, pour lutter contre les délocalisations provoquées par la réforme
de la PAC.
Il a jugé que la France devait résolument chercher à maintenir toutes ses
exploitations et avoir l'ambition d'installer de jeunes paysans. Il a rappelé
que M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, avait annoncé en juin dernier que
la France corrigerait les mesures communautaires défavorables aux agriculteurs
français dans la réforme de la PAC ; il a déclaré qu'il rappellerait cette
déclaration à M. Hervé Gaymard, ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de
la pêche et des affaires rurales, lorsqu'il aurait à le rencontrer.
Puis, évoquant le projet de loi relatif au développement des territoires ruraux,
il a souligné que selon le MODEF, il ne pouvait y avoir de monde rural vivant
sans que celui-ci ne se structure autour de secteurs économiques créateurs de
richesses. Il a notamment estimé que les activités de services ne pouvaient
exister sans lien avec l'acte créateur de production et notamment la production
industrielle et agricole. Il a ajouté que le MODEF considérait, en conséquence,
qu'il ne pouvait y avoir de dynamique rurale sans dynamique agricole, et de
dynamique agricole sans maintien d'exploitations familiales nombreuses, garantes
d'une production agricole diversifiée de qualité, d'un environnement sain et du
développement de l'emploi. Il a donc estimé que la multifonctionnalité, telle
que définie à l'article 1er de la loi n° 99-574 du 9 juillet 1999 d'orientation
agricole, ne pouvait se concevoir qu'en lien avec la production agricole
elle-même, seule fonction créatrice de richesses durables.
Puis, M. Vincent Lespéron, vice-président du MODEF, a exposé l'analyse du MODEF
sur le projet de loi relatif au développement des territoires ruraux.
Abordant en premier lieu le titre Ier du projet de loi, relatif au développement
des activités économiques, il a indiqué que le MODEF n'avait pas de remarque
particulière concernant le chapitre Ier relatif aux zones de revitalisation
rurale. Il a en revanche indiqué que le syndicat prenait acte du fait que,
dans le chapitre III consacré au soutien des activités agricoles, était prévue
l'exclusion de l'assiette des cotisations sociales de la dotation aux jeunes
agriculteurs (DJA) et d'une partie des indemnités octroyées pour l'abattage des
troupeaux, mesure qu'il a jugée positive. En revanche, il s'est déclaré plus
réservé quant à la suppression du plafond de superficie maximale autorisé pour
les exploitations agricoles à responsabilité limitée (EARL) et à la possibilité
de constituer des sociétés en participation pour les assolements en commun,
chaque exploitation demeurant fiscalement indépendante. Il a en effet souligné
que ces deux mesures avaient pour conséquence de favoriser la concentration et
la restructuration des exploitations et seraient donc contraires aux intérêts
des exploitants familiaux. Il a jugé que pour soutenir réellement l'activité
agricole et l'emploi, il serait plus judicieux de prendre des mesures confortant
le revenu des exploitants familiaux, encourageant l'installation de tous les
jeunes agriculteurs et améliorant le statut des concubins. Il a souligné que le
MODEF était par ailleurs très attaché à l'agriculture de groupe, et a regretté
que le projet de loi ne propose pas de renforcer les moyens des coopératives
d'utilisation du matériel agricole (CUMA), qui permettent aux exploitants
familiaux de se regrouper pour mettre en commun leur matériel et réduire ainsi
les charges d'investissement que ceux-ci doivent supporter.
Evoquant enfin le chapitre IV relatif à l'emploi, il a noté que les services de
remplacement en agriculture étaient étendus aux autres secteurs professionnels
et a appelé à la vigilance concernant la possibilité de cumuler emploi public et
emploi privé grâce à des centres de gestion permettant, dans les communes de
moins de 3 500 habitants, de mettre à disposition d'un employeur privé un agent
public à mi-temps ; il a souhaité qu'une telle faculté soit strictement
encadrée.
Puis, M. Vincent Lespéron a abordé le titre II du projet de loi relatif aux
instruments de gestion foncière et à la rénovation du patrimoine bâti.
S'agissant du chapitre Ier, portant sur la protection des espaces agricoles et
naturels périurbains, il a rappelé que le nombre d'exploitations agricoles
situées en zone périurbaine pouvait être évalué à 200 000. Notant que la région
pourrait désormais délimiter des périmètres de protection, sur lesquels elle
disposerait du droit de préemption, et pourrait créer une agence régionale des
espaces agricoles et naturels ou encore donner mandat à une société
d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER), il a souligné que le
MODEF souhaitait le maintien d'un maximum d'exploitations sur le territoire, ce
qui supposait que les agriculteurs disposent d'un revenu décent. Il a pourtant
observé qu'au niveau national, 42 % des agriculteurs avaient un revenu inférieur
ou égal au SMIC et, que parmi eux, un tiers avait un revenu seulement égal au
revenu minimum d'insertion. Notant que si la mise en ½uvre du droit de
préemption était certes encadrée, la rétrocession, la location ou la mise à
disposition n'obéissaient à aucune règle, hormis l'obligation, pour les
bénéficiaires, de respecter le cahier des charges annexé à l'opération, il a
craint qu'un « remodelage » du paysage ne soit imposé dans les zones agricoles
périurbaines protégées, dans le seul souci d'en garantir la mission récréative
et environnementale, au détriment de l'objectif de production. Il a appelé les
commissaires à être très vigilants sur cette question, soulignant en outre qu'il
n'était pas certain que le droit de préemption octroyé à la région soit employé
par celle-ci à bon escient ou en toute transparence, comme en témoigne la
gestion du parc immobilier de certaines villes.
S'agissant du chapitre III relatif à la rénovation du patrimoine bâti, et
notamment de la possibilité pour le bailleur de reprendre un bâtiment
d'exploitation dont le changement de destination a été autorisé et ne compromet
pas l'exploitation agricole, il a regretté que l'Etat se préoccupe de l'intérêt
architectural et patrimonial de certains bâtiments d'exploitation, tout en se
désintéressant de l'état de vétusté ou de l'absence de confort de la maison
d'habitation du fermier. Evoquant par ailleurs les avantages fiscaux prévus en
faveur des bâtiments affectés à l'hébergement des travailleurs saisonniers, il a
souligné que c'était surtout l'absence d'hébergement qui expliquait les
difficultés rencontrées aujourd'hui en matière de recrutement de ces
travailleurs, les petits et moyens producteurs de fruits et légumes n'ayant en
effet pas les moyens financiers d'investir dans des structures d'hébergement. Il
a donc estimé souhaitable que les collectivités locales, qui ont intérêt à
maintenir et développer l'emploi, investissent dans des structures d'hébergement
collectif pour les travailleurs saisonniers, ces locaux pouvant par ailleurs
être utilisés, par exemple, pour des classes vertes.
M. Vincent Lespéron a ensuite abordé le titre III du projet de loi relatif à
l'accès aux services. Il a regretté l'ouverture des maisons de service public au
secteur privé et la possibilité d'en confier la gestion à une personne privée,
jugeant qu'une telle privatisation des services publics en milieu rural n'était
pas de nature à garantir les principes fondamentaux qui régissent ces derniers.
Il a à cet égard cité l'exemple de la commune de 500 habitants dont il est le
maire, qui a conclu avec la Poste une convention visant à maintenir sur place un
bureau de poste, auquel est affecté un agent à mi-temps dont la Poste ne finance
plus désormais qu'un tiers du salaire, le solde étant pris en charge par la
commune.
S'agissant des dispositions permettant aux collectivités locales d'octroyer des
aides au maintien ou à l'installation des professionnels de santé, il a jugé
qu'elles étaient nécessaires mais a regretté que leur financement par les
collectivités locales mette à contribution les habitants de zones dépeuplées,
déjà fortement pénalisées, tandis que la fermeture des hôpitaux publics en
milieu rural pour des motifs de rentabilité a créé des situations remettant en
cause le principe d'égalité dans l'accès aux soins, situations aggravées par la
disparition de nombreux médecins généralistes dans les zones rurales.
Puis, M. Vincent Lespéron a abordé le titre IV du projet de loi relatif aux
espaces naturels, pour souligner l'attachement du MODEF à une chasse populaire,
devant permettre de réguler le grand gibier qui occasionne des dégâts croissants
aux cultures.
Enfin, il a évoqué le titre VI du projet de loi portant sur certains
établissements publics. Notant que les chambres d'agriculture devenaient
l'organe consultatif, représentatif et professionnel des intérêts agricoles et
que leurs missions étaient redéfinies pour leur donner la charge de
l'élaboration du programme régional de développement agricole et rural,
l'association permanente des chambres d'agriculture devenant « tête de réseau »,
il a craint que le Gouvernement ne cherche en réalité à réduire la portée de la
réglementation sur la représentativité et le pluralisme syndical. Il a en outre
dénoncé le mode de scrutin aux élections aux chambres d'agriculture
départementales et régionales, plaidant en faveur de la représentation
proportionnelle.
Concernant le Centre national pour l'aménagement des structures des
exploitations agricoles (CNASEA), il a noté que les compétences de cet
établissement public étaient élargies et renforcées tant auprès de l'Etat que
des collectivités territoriales et de la Commission européenne. Soulignant que
le Gouvernement souhaitait confier au CNASEA la mise en ½uvre de la politique de
développement rural initiée par l'Agenda 2000, renforcée par la réforme de la
PAC décidée le 26 juin 2003, il a jugé que ces transferts de compétences de
l'Etat vers un établissement public traduisaient bien la « nouvelle gouvernance
» actuelle, visant à réduire de manière drastique les effectifs de l'ensemble
des services de l'Etat, tant dans les directions départementales et régionales
de l'agriculture et de la forêt, qu'en administration centrale au sein du
ministère chargé de l'agriculture.
Enfin, il a noté que le service public d'équarrissage, qui couvre la collecte et
l'élimination des cadavres d'animaux présentant des risques sanitaires élevés,
serait étendu à la transformation des carcasses en farines animales, ce service
complémentaire étant transféré par l'Etat au CNASEA. Il a indiqué que le MODEF
proposait, pour rationaliser le service public de l'équarrissage, de mettre en
place des centres de pré-collecte, permettant à la fois de réduire le temps
d'attente des cadavres dans les corps de fermes - ce qui réduirait les risques
sanitaires -, de diviser par deux le coût de la collecte, d'impliquer les
éleveurs dans la gestion de ce service public, et enfin de faire face à une
surmortalité momentanée des animaux, comme cela a été le cas cet été avec la
canicule. Il a sur ce dernier point rappelé que des départements, notamment dans
l'ouest de la France, n'avaient pas pu assurer la collecte de ces déchets dans
des délais raisonnables, alors que dans la Drôme, où existe depuis de nombreuses
années un système de pré-collecte, l'afflux d'animaux morts a pu être géré
correctement.
M. Xavier Compain, président du MODEF, a ensuite présenté les principales pistes
de réflexion du MODEF pouvant justifier des amendements au projet de loi relatif
au développement des territoires ruraux.
Il a d'abord indiqué que le MODEF souhaitait que les charges sociales soient
modulées au profit des exploitations familiales. Il a jugé que le salaire
minimum interprofessionnel de croissance constituait à cet égard un seuil
pertinent, de nombreuses petites et moyennes exploitations ne pouvant
aujourd'hui assurer aux agriculteurs une rémunération de ce niveau et devant par
conséquent être aidées. Il a donc considéré qu'il serait souhaitable de réduire
de moitié à la fois les charges sociales, fiscales et parafiscales pesant sur
les exploitations dont le bénéfice réel ou forfaitaire par actif familial est
inférieur au SMIC, et la taxe intérieure sur les produits pétroliers acquittée
par ces mêmes exploitations lors de leurs achats de fioul.
Il a ensuite remarqué que la loi n° 99-574 du 9 juillet 1999 d'orientation
agricole avait certes créé un statut pour les conjoints collaborateurs mais
avait exclu de son bénéfice les personnes non mariées. Il a observé qu'il
existait pourtant, au niveau national, probablement un millier de personnes
vivant aux côtés d'agriculteurs en dehors du mariage, qu'il s'agisse de
concubins ou de personnes ayant conclu un pacte civil de solidarité (PACS). Il a
donc appelé à étendre à ces personnes le bénéfice du statut de conjoint
collaborateur, cette modification de statut devant également leur permettre
d'entrer dans le régime d'assurance des exploitants contre les accidents.
Puis, il a estimé nécessaire de mener une politique d'installation plus
offensive. Il a regretté la persistance de plusieurs freins à l'installation de
jeunes agriculteurs et a notamment cité la notion de niveau de revenu de
référence, le niveau de formation exigé et en particulier le brevet
professionnel agricole (BPA), la nécessité d'effectuer un stage de six mois, ou
encore la grande difficulté d'accès à la propriété foncière pour ces personnes.
Il a estimé possible de réduire l'importance de ces obstacles, d'une part en
abaissant le revenu minimum de référence, d'autre part en accompagnant la
reconnaissance de capacité professionnelle initiale d'une obligation de suivi
d'une formation agricole continue au cours des dix années suivantes. Il a ajouté
que la technicité croissante de la profession agricole justifiait aujourd'hui
une extension de la formation permanente destinée aux agriculteurs.
Il a également suggéré de créer une aide minimale à l'installation au profit des
jeunes agriculteurs ne bénéficiant actuellement ni de la dotation aux jeunes
agriculteurs (DJA) ni d'une aide équivalente. Il a estimé que cette situation
concernait environ la moitié des jeunes s'installant en agriculture et devait
être examinée avec attention, la nécessité d'un débat sur cette question ayant
été portée à la connaissance à la fois du ministre chargé de l'agriculture et de
la représentation nationale. Il a proposé d'attribuer à ces jeunes agriculteurs
une aide minimale s'élevant à environ 7 500 euros (50 000 francs), ainsi qu'un
prêt agricole à taux zéro, dont le montant pourrait être plafonné à environ 22
500 euros (150 000 francs). Il a jugé que l'adoption d'une telle mesure, sans
naturellement résoudre toutes les situations difficiles, constituerait un
important geste politique en direction de jeunes agriculteurs oubliés par le
dispositif d'aide actuel et pourtant contraints de vendre leurs produits au même
prix que les autres producteurs. Il a indiqué que ces nouvelles aides, si elles
étaient mises en place, devraient être confortées à plus long terme par un
financement adéquat, permettant à tous les jeunes agriculteurs d'accéder, grâce
à des prêts à taux super-bonifiés de l'ordre de 1 % par an, à la propriété
foncière, et ainsi d'intégrer pleinement la profession agricole.
En outre, il a indiqué que la politique foncière à destination des exploitations
familiales, dont il a rappelé qu'elles représentaient 80 % des exploitations,
pouvait être plus ambitieuse. Il a indiqué, à cet égard, que le projet de loi
relatif au développement des territoires ruraux, n'avait pas répondu aux
attentes du MODEF, qui espérait une meilleure prise en compte de ses positions
dans le prochain projet de loi de modernisation agricole. Il a en particulier
estimé qu'un débat devait être engagé sur le rôle des SAFER, aujourd'hui trop
cantonnées dans un rôle commercial, au détriment de leurs fonctions de service
et d'aide à l'installation des agriculteurs, pour lesquels elles devraient
pourtant être un interlocuteur privilégié.
Il a proposé que soit créée une mission d'information parlementaire visant à
faire le bilan de l'évolution du monde rural depuis le vote de la loi n° 99-574
du 9 juillet 1999 d'orientation agricole, dont les dispositions ont été très
favorables au monde agricole. Il a indiqué que ce dernier avait besoin de
mesures législatives fortes pour freiner la spéculation foncière, en réservant
la priorité à l'agriculteur désirant s'installer.
Il a ensuite indiqué que les services d'équarrissage devaient rester un service
public et suivre l'exemple du département de la Drôme, dans lequel un service de
pré-collecte avait été mis en place, permettant de maintenir ce service public
pendant la canicule estivale, tout en faisant face à ses difficultés de
financement.
En conclusion, il a indiqué que le projet de loi relatif au développement des
territoires ruraux ne prenait pas suffisamment en compte les difficultés liées à
la commercialisation des produits agricoles, estimant que la rémunération du
travail des agriculteurs et la régulation des prix agricoles devaient faire
l'objet de mesures complémentaires dans le projet de loi de modernisation
agricole annoncé par le Gouvernement pour l'année 2004. Il a en particulier
indiqué que la grande distribution, qui avait entrepris d'attaquer certains
agriculteurs en justice pour entente et abus de position dominante, pouvait
elle-même encourir ce reproche et devrait voir ses pratiques commerciales,
notamment celles des marges arrières, mieux contrôlées dans le cadre du futur
projet de loi. Il a indiqué avoir demandé au Premier ministre la convocation
d'une conférence nationale sur les prix des produits agricoles, dans le cadre de
laquelle les différents syndicats agricoles ne pourraient s'exprimer que de
manière concordante, tant il est vrai qu'ils sont en accord sur la nécessité de
mieux rémunérer le travail des agriculteurs. A cet effet, il a demandé aux
députés de la Commission de l'aider à porter ce projet, qui permettrait d'avoir
avec les producteurs et les distributeurs un débat attendu sur les prix des
produits agricoles, et d'aborder les questions liées à la réforme de la
politique agricole commune (PAC) et aux négociations agricoles menées dans le
cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui n'apportent pas de
solution à ce type de problèmes.
Le président Patrick Ollier s'est félicité de l'adhésion du MODEF à la démarche
engagée par le projet de loi relatif au développement des territoires ruraux, en
particulier s'agissant du renforcement des zones de revitalisation rurale.
Il a cependant regretté que la question de l'hébergement des saisonniers ou
celle de l'ouverture des groupements d'employeurs aux collectivités locales
n'aient pas été davantage abordées. Il a jugé que les mesures prévues par le
projet de loi sur ces sujets apporteraient une aide importante aux agriculteurs,
en particulier aux plus modestes d'entre eux.
Il a indiqué que les propositions d'amendements transmises par les syndicats
agricoles seraient examinées avec attention par les rapporteurs. Il a par
ailleurs souligné que la réglementation intervenue sur les marges arrières de la
grande distribution lui semblait de nature à améliorer les rapports entre les
agriculteurs et celle-ci. Il a néanmoins observé que les progrès en matière de
qualité et de certification des produits vendus étaient de l'intérêt même des
petits agriculteurs, même si les prix des produits restent le fondement de la
rémunération du travail des agriculteurs.
M. Jean-Claude Lemoine a souligné l'intérêt des interventions de M. Xavier
Compain, président, et de M. Vincent Lespéron, vice-président du MODEF. Il a
estimé qu'une partie des réflexions devrait permettre d'enrichir le futur projet
de loi de modernisation agricole, qui devrait être examiné avant la fin de
l'année 2004, afin de prendre en compte les conséquences de la réforme de la PAC.
Il s'est ensuite interrogé sur la notion d'économie agricole diversifiée
invoquée par le MODEF et a souhaité connaître son avis sur le choix opéré par le
projet de confier le droit de préemption aux régions plutôt qu'aux départements
dans les zones périurbaines.
Puis, il a observé que les hôpitaux ruraux pâtissaient surtout de la difficulté
de pourvoir certains postes, compte tenu du contingentement appliqué depuis
longtemps aux études médicales.
Il a enfin souhaité connaître l'avis du MODEF sur l'articulation départementale
ou régionale de l'organisation de la chasse et sa définition de l'équilibre
agro-sylvo-cynégétique.
M. Francis Saint-Léger a approuvé les positions du MODEF s'agissant des aides
accordées aux agriculteurs et de la réforme de la PAC, tout en remarquant que
ces questions relevaient du futur projet de loi de modernisation agricole. Il a
remarqué l'importance des mesures de simplification administrative, comme celle
mettant fin à la différence de traitement fiscal entre les exploitations gérées
par une personne physique et les exploitations agricoles à responsabilité
limitée (EARL) à associé unique, l'assouplissement de l'obligation de faire
appel à un architecte pour déposer une demande de permis de construire, ou
encore les encouragements aux groupements agricoles d'exploitation en commun
(GAEC) ou aux assolements en commun dans le cadre du statut du fermage.
Il a souligné l'intérêt de la suppression du plafond de superficie maximale pour
les EARL, ainsi que des mesures fiscales telles que l'exclusion de la base de
calcul des cotisations sociales de la dotation aux jeunes agriculteurs, ou
encore les mesures en faveur de la transmission d'exploitation. Il a également
noté la création d'une agence régionale des espaces agricoles et naturels
périurbains destinée à éviter le « mitage » de l'espace périurbain,
l'attribution des responsabilités d'aménagement foncier au président du conseil
général, en remplacement du préfet, et souhaité connaître l'avis du MODEF sur la
communalisation des biens et droits des sections de communes.
M. André Chassaigne a tout d'abord indiqué qu'il partageait les préoccupations
des précédents orateurs. Constatant que le texte ne traitait pas des CUMA, il
s'est demandé s'il ne conviendrait pas d'organiser la collaboration entre les
collectivités locales et les CUMA.
Il s'est ensuite interrogé sur l'opportunité de créer une agence régionale
destinée à gérer les territoires périurbains, craignant la création d'un
dispositif trop complexe alors qu'il pourrait suffire d'étendre le rôle des
SAFER en veillant notamment à en démocratiser le fonctionnement.
Puis, il a souhaité connaître les propositions du MODEF pour parvenir à un
encadrement des pratiques commerciales de la grande distribution.
M. Jean Gaubert a abordé la question de la politique foncière, en se demandant
s'il fallait élargir le rôle des SAFER ou créer un organisme foncier régional,
et ce que le MODEF proposait pour démocratiser le fonctionnement des SAFER.
Il a ensuite souhaité savoir si les modifications à apporter au fonctionnement
des commissions départementales d'orientation agricole (CDOA) relevaient du
pouvoir réglementaire ou législatif.
Puis, il a évoqué l'agriculture de groupe en estimant qu'il fallait encourager
les CUMA et faciliter le fonctionnement des groupements d'employeurs, ces
derniers rencontrant aujourd'hui des difficultés dues à la complexité des
procédures administratives.
M. Jean-Marc Lefranc a souhaité obtenir des précisions sur les propositions du
MODEF relatives à la politique d'installation des jeunes agriculteurs. Il a
observé qu'il existait dans le Calvados un répertoire permettant de recenser les
agriculteurs souhaitant céder leurs terres ainsi que ceux qui souhaitent
s'installer, et a émis le v½u que la profession agricole s'organise pour
faciliter les cessions d'exploitation.
Il a fait part de ses doutes quant à l'opportunité de prévoir que les
collectivités locales interviennent dans l'hébergement du personnel saisonnier.
Il a considéré que ce rôle devait être assumé par les agriculteurs selon des
modalités financières qu'il conviendrait de préciser.
Puis, il a rejoint l'opinion déjà exprimée sur la nécessité de démocratiser les
SAFER et de redéfinir leur rôle mais a fait part de son scepticisme quant au
rôle des délégués cantonaux, qui défendent de façon inconditionnelle
l'agriculteur de leur canton, parfois au détriment de l'intérêt de l'agriculture
dans son ensemble.
Il s'est enfin demandé comment améliorer les relations entre l'agriculture et la
grande distribution.
En réponse aux différents intervenants, M. Vincent Lespéron, vice-président du
MODEF, a apporté les précisions suivantes :
- concernant l'accueil des saisonniers, il est très difficile sur le plan
financier, pour les agriculteurs de proposer des hébergements conformes aux
normes de confort ; il semble donc indispensable que les collectivités locales
et les agriculteurs travaillent de concert pour tirer le meilleur profit de
bâtiments inoccupés à certaines périodes de l'année, sans pour autant rigidifier
le système en imposant des obligations aux collectivités locales ;
- s'agissant des groupements d'employeurs et des possibilités pour des
employeurs publics et privés de partager des agents, il a rappelé que certaines
collectivités locales n'hésitaient pas à s'associer à des entreprises pour
embaucher du personnel, de telles opérations ayant parfois été couronnées de
succès ;
- la question de savoir si le droit de préemption doit être exercé, dans les
espaces périurbains, par la région ou le département est complexe, mais il
semble préférable de rapprocher le plus possible la prise de décision des
structures agricoles, le département paraissant le meilleur échelon pour mener
cette politique. Certaines communautés de communes ont par ailleurs mis en place
des réserves foncières en faveur de l'agriculture. Il est exact que les préfets
ont trop tendance à suivre les avis des CDOA, qui favorisent l'agrandissement
des exploitations existantes plutôt que les premières acquisitions ;
- s'agissant de l'agriculture de groupe, il serait souhaitable d'intensifier la
coopération entre les collectivités locales et la CUMA. Il serait en outre
opportun de prévoir, dans le projet de loi relatif au développement des
territoires ruraux, une aide à l'investissement des CUMA, le dispositif des
contrats territoriaux d'exploitation n'ayant pas permis la mise en place d'un
tel soutien.
M. Xavier Compain, président du MODEF, a ajouté les précisions suivantes :
- les propositions du MODEF sont trop souvent méconnues des parlementaires, ce
qui a poussé son nouveau président à solliciter l'ensemble des groupes
politiques de l'Assemblée nationale dans le cadre de ce projet de loi. Le MODEF
a été un syndicat agricole marginalisé, du fait de sa position trop partisane,
ce constat ne devant pas occulter la nécessité d'avoir un vrai engagement
politique. Désormais, le MODEF désire avant tout défendre la cause des
agriculteurs dans le respect du pluralisme syndical et de la représentativité du
monde agricole ;
- la démocratie participative des agriculteurs doit être renforcée par une
diversification des syndicats qui les représentent, ce qui implique notamment
que les règles de représentativité des syndicats lors des élections des chambres
d'agriculture soient revues. Le MODEF a en effet souffert du caractère
restrictif des règles actuelles de représentativité, qui déterminent également
le financement des syndicats agricoles. Des réformes du mode de scrutin aux
chambres d'agriculture et des modalités de financement des syndicats agricoles
sont indispensables pour transformer les chambres d'agriculture en véritable «
parlement du monde agricole », avec un pluralisme reflétant la réalité du
terrain ;
- certains mécanismes comme la location-vente pourraient utilement favoriser
l'installation de jeunes agriculteurs, la commune se portant alors acquéreuse
d'une exploitation délaissée pour la mettre en location auprès d'un jeune
agriculteur en mesure de la racheter ultérieurement. Ce type d'intervention
devrait également inspirer l'action des SAFER ;
- une nouvelle agence régionale de gestion des espaces périurbains pourrait être
un outil complémentaire aux SAFER, outil utile pour favoriser l'installation de
jeunes agriculteurs et la transmission des exploitations ;
- l'idée d'une conférence sur les prix agricoles est fondamentale pour inviter
les différents intervenants du secteur à négocier. Le MODEF estime aujourd'hui
que la grande distribution pille le travail des agriculteurs. Il est donc
nécessaire que ce débat national ait lieu pour lever les tensions pouvant
apparaître localement entre les acteurs du monde rural. La régulation des
pratiques commerciales de la grande distribution est possible en définissant ce
qu'est, pour l'agriculteur, le prix rémunérateur de son travail ;
- il convient de faire respecter le principe de la préférence communautaire en
matière d'importation de produits agricoles. Il est par ailleurs nécessaire de
remettre en cause l'idée d'un prix mondial, absurde au regard de la diversité
des productions et fondamentalement anti-économique. Ces positions pourraient
accroître les tensions avec les instances communautaires, mais correspondent à
une impérieuse nécessité pour le monde agricole. Le MODEF est évidemment disposé
à travailler en collaboration avec les députés sur de tels enjeux.
B.- AUDITION DE M. HUBERT CARON, SECRÉTAIRE NATIONAL, ET M. PAUL BONHOMMEAU,
REPRÉSENTANT LA CONFÉDÉRATION PAYSANNE
Lors de sa réunion du 2 décembre 2003, la Commission a entendu M. Hubert Caron,
secrétaire national, et M. Paul Bonhommeau, représentant la Confédération
paysanne.
M. Serge Poignant, président, a rappelé la volonté des commissaires d'aborder
l'ensemble des questions intéressant l'agriculture lors de l'audition, ainsi que
leur souhait, depuis plusieurs mois, d'entendre les organisations agricoles.
M. Hubert Caron, secrétaire national de la Confédération paysanne, a tout
d'abord fait état de sa déception au vu du projet de loi relatif au
développement des territoires ruraux, dont il a estimé qu'il n'allait pas assez
loin et qu'il était en outre d'essence très libérale, délaissant l'ensemble des
domaines relatifs au développement des territoires ruraux, comme la santé,
l'éducation, ou encore le logement social. Regrettant que ce projet de loi «
vienne de Paris » et n'ait pas été élaboré en concertation avec les acteurs de
terrain, il a en outre estimé qu'il consistait surtout en un catalogue de
mesures consenties à divers groupes de pression, comme les chasseurs ou les
propriétaires fonciers. Il a également regretté que soient mises en ½uvre des
mesures d'exonération fiscale qui profiteront aux installations « classiques »
de jeunes agriculteurs, pour lesquelles existent déjà des aides. Le projet de
loi lui a donc semblé privilégier le soutien à certaines initiatives privées et
ne pas présenter de réelle dynamique territoriale.
Il a déclaré que la Confédération paysanne condamnait fermement certaines
mesures figurant dans ce projet de loi. Il a cité en premier lieu, s'agissant
des dispositions relatives au soutien des activités agricoles, les nouvelles
exonérations fiscales accordées aux seuls agriculteurs déjà bénéficiaires
d'aides de l'Etat à l'installation et a regretté que ces mesures ne soient pas
orientées vers les installations « hors norme » ou progressives, ces dernières
représentant la moitié des installations agricoles. Il a également déploré la
suppression du plafond de taille des exploitations agricoles à responsabilité
limitée (EARL), ainsi que la faculté de constituer des sociétés en participation
pour les assolements en commun, jugeant que ce « débridement » desservirait les
petites exploitations et pourrait conduire à leur disparition. Il a en outre
déploré la possibilité pour les membres d'une société civile d'exploitation
agricole (SCEA) de mettre à disposition de celle-ci un bail, mesure dont il a
jugé qu'elle visait en réalité à faire « sauter les verrous » du statut du
fermage pour permettre le développement des grandes exploitations.
Puis, évoquant les dispositions relatives à la rénovation du patrimoine bâti, M.
Hubert Caron s'est inquiété de la faculté donnée au bailleur de soustraire du
bail rural un ou des bâtiments de ferme pour les affecter à d'autres usages, et
a noté que si le bailleur pouvait bénéficier du concours de la SIDER pour
réaliser des travaux de rénovation des constructions, cette mesure ne
permettrait pas pour autant de développer le logement social en milieu rural.
S'agissant des dispositions relatives à l'accès aux services, il a regretté que
la notion de service public en soit absente et a estimé que l'évolution du
fonctionnement des maisons de service public constituait un danger pour ces
services : leur gestion pouvant être confiée à des organismes privés, telles que
des sociétés d'assurance, il est à craindre que l'accès aux services publics des
populations les plus défavorisées ne soit plus garanti. Il a par ailleurs jugé
que l'octroi d'aides financières et d'exonérations fiscales pour l'installation
de médecins et infirmiers libéraux n'était pas opportun, les efforts devant
davantage porter, selon lui, sur les hôpitaux publics et les maternités
aujourd'hui menacés de fermeture en milieu rural.
Concernant les dispositions relatives à la chasse, il a estimé que le projet de
loi répondait surtout aux attentes des sociétés de chasse, la responsabilité
civile des chasseurs en cas de dégâts causés aux récoltes par le grand gibier
étant restreinte par le projet de loi, lorsque l'assolement des terres agricoles
favorise l'entrée du gibier sur le fonds. Jugeant cette disposition
inacceptable, il a souhaité que le mécanisme d'indemnisation des dégâts
occasionnés aux cultures tienne compte de l'introduction, dans les milieux, de
gibier par les sociétés de chasse. Il a en outre déploré que les délais accordés
aux victimes des dégâts de gibier pour agir en justice soient réduits par
rapport à ceux reconnus par la jurisprudence. Il a enfin souhaité que les
agriculteurs puissent donner leur avis sur la régulation du gibier par les plans
de chasse et se prononcer sur le recours à des battues administratives en cas de
dégâts avérés sur les cultures.
Puis, M. Hubert Caron a abordé les dispositions du projet de loi relatives à
certains établissements publics. Notant que les missions consultatives des
chambres d'agriculture départementales étaient élargies à la filière forêt-bois,
à la gestion de l'espace rural et à la prévention des risques naturels, il a
regretté que les syndicats minoritaires soient très peu présents au sein de ces
instances, notamment à l'échelon régional, et a plaidé en faveur d'un scrutin à
la représentation proportionnelle.
M. Hubert Caron a, par ailleurs, jugé que certaines dispositions du projet de
loi allaient dans le bon sens mais restaient de portée limitée. Il a jugé que
tel était le cas de la possibilité donnée aux conseils régionaux de créer une
agence régionale des espaces agricoles et naturels périurbains, jugeant que ces
établissements publics interviendraient plus dans le domaine de l'urbanisme et
de l'environnement que dans le domaine agricole, qu'ils manqueraient de moyens
et devraient être renforcés dans le domaine agricole, notamment en matière
d'installation de jeunes agriculteurs. De même, il a regretté le manque
d'ambition des mesures en faveur des zones de revitalisation rurale, des
espaces pastoraux et des zones humides. Il a porté le même jugement sur les
transferts de compétence en faveur des collectivités locales dans le domaine de
l'aménagement foncier.
Il a ensuite évoqué les critiques formulées par son organisation à l'encontre du
projet de loi relatif au développement des territoires ruraux, jugeant qu'il
s'inscrivait dans une logique libérale au profit de catégories sociales déjà
avantagées, sans assurer le maintien de la présence paysanne sur le territoire.
M. Hubert Caron a estimé que l'activité agricole devait rester centrale dans le
monde rural et que sa vitalité conditionnait le développement global de
l'économie rurale, tout en favorisant la prévention des risques naturels. Il a,
en conséquence, regretté le manque d'ambition du projet de loi sur ce point.
Evoquant le soutien à l'activité agricole, il a jugé nécessaire une politique
volontariste de soutien aux exploitations et d'accueil de nouveaux paysans
prenant en compte les spécificités des candidats à l'installation non issus de
milieux agricoles développant des projets incluant souvent une dimension de
multifonctionnalité. Il a rappelé que le système actuel d'aides était centré sur
l'aide à l'acquisition d'exploitations existantes et prenait mal en compte les
créations d'exploitation ou encore les projets innovants.
Il a souligné à cet égard l'intérêt de mesures ne figurant pas actuellement dans
le projet de loi, telles que la suppression de l'« obligation de consistance »
obligeant le jeune agriculteur qui reprend une exploitation existante à la
maintenir en l'état ou à l'agrandir pour bénéficier des aides de l'Etat, et lui
interdisant de la partager avec d'autres agriculteurs.
Il a ensuite regretté que le projet de loi n'aborde pas la question du soutien
aux petites exploitations, contrairement aux engagements pris par le ministre de
l'agriculture. Rappelant qu'un travail important avait été réalisé depuis
plusieurs années pour formuler des propositions en ce domaine, il a vivement
regretté que rien ne soit fait sur ce sujet. Il a indiqué que les 200 000
exploitations constituant des micro-entreprises dont le chiffre d'affaires est
inférieur à 40 000 euros n'étaient pas soutenues par les pouvoirs publics. Il a
estimé prioritaire de leur permettre d'accéder aux droits à produire et à la
propriété foncière, ce que ne garantit pas la réglementation actuelle. Il a
également jugé important de tenir compte de la diversité des activités de ces
petites exploitations, transformant les produits et pratiquant la vente directe,
et dont les demandes d'aide ou de subvention sont souvent rejetées faute de
satisfaire les critères prédéfinis. Il a également estimé nécessaire d'aménager
les seuils conditionnant l'accès aux droits sociaux, et a souhaité la création
d'un statut de l'actif rural prenant en compte la pluriactivité et comportant
des règles adaptées en matière de cumul des revenus, afin d'éviter les abus.
Puis, il a regretté que le projet de loi ne comporte pas de dispositions
garantissant l'égalité des droits sociaux entre les conjoints collaborateurs et
les collaborateurs concubins du chef d'exploitation ou lié à lui par un pacte
civil de solidarité (PACS), et qu'il n'ouvre pas la possibilité de constituer un
groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) entre époux.
Il a également jugé que le projet de loi aurait pu être meilleur en ce qui
concerne l'aménagement rural et la gestion foncière, notamment pour protéger les
terres agricoles de la pression urbaine. Il a, en particulier, regretté
l'absence de dispositions sur la maîtrise du prix des propriétés foncières, sur
l'accroissement de la participation des agriculteurs à l'élaboration des
documents d'urbanisme, ou encore sur le contrôle des structures agricoles. Il a
également jugé nécessaire de soumettre la répartition des terres à des objectifs
de développement durable et de réformer le statut des sociétés d'aménagement
foncier et d'établissement rural (SAFER) pour leur confier des missions de
service public.
Enfin, il a souligné la nécessité de défendre la présence des services publics
en milieu rural, ceux-ci contribuant au maintien d'activités économiques, et a
condamné le mouvement actuel de libéralisation des services publics, qui
pourrait remettre en cause la solidarité nationale, notamment en milieu rural,
au bénéfice des populations les plus démunies.
En conclusion, il a souhaité que ces propositions soient prises en compte dans
le projet de loi relatif au développement des territoires ruraux ou, à défaut,
dans le futur projet de loi de modernisation agricole.
M. Jean-Claude Lemoine a tenu à « rassurer » les intervenants en estimant que
les dispositions du projet de loi concernant la chasse n'avaient pas pour but de
satisfaire les « lobbies » de chasseurs mais de répondre à des exigences
d'aménagement du territoire et d'entretien des zones rurales. Il a considéré que
ce projet de loi parvenait à établir pour la première fois un bon équilibre
entre les différents intérêts en présence, permettant de satisfaire les besoins
respectifs de l'agriculture, des exploitants forestiers et des chasseurs. Il a
précisé que ce texte comportait de nombreuses dispositions sur les dégâts
agricoles provoqués par les animaux sauvages et il a fait remarquer que les
schémas départementaux seraient arrêtés après consultation de l'ensemble des
intérêts en présence.
M. Francis Saint-Léger a rappelé que le projet de loi relatif au développement
des territoires ruraux pourrait être complété par le futur projet de loi dit de
« modernisation agricole ». Il a ensuite souhaité obtenir des précisions sur la
position de la Confédération paysanne vis-à-vis des mesures de simplification
administratives contenues dans le projet de loi relatif au développement des
territoires ruraux, notamment celles sur l'EARL à associé unique, sur la
suppression de la superficie maximale autorisée pour constituer une EARL, sur la
transmission des déductions fiscales pour investissement, les encouragements à
l'agriculture de groupe ou encore l'exclusion, pour la détermination de
l'assiette des cotisations sociales, de la dotation aux jeunes agriculteurs.
Abordant la question de l'aménagement foncier, il a souhaité connaître la
position de la Confédération paysanne sur les dispositions qui prévoient un
transfert de responsabilité des préfets vers les présidents de conseils
généraux. Il a demandé aussi des précisions sur le rôle des chambres
d'agriculture et la possibilité d'encourager l'interconsularité.
Il a enfin évoqué la proposition de loi relative à la politique de la montagne
et à la revitalisation rurale cosignée notamment par M. Yves Coussain,
comportant d'intéressantes dispositions sur la communalisation des droits et
biens des sections de communes, et a souhaité savoir si la Confédération
paysanne était favorable à ces mesures.
M. Jean-Marc Lefranc a fait part de son désaccord quant à l'appréciation portée
sur le projet de loi d'inspiration prétendument « libérale », alors que
l'agriculture est un secteur où les pouvoirs publics interviennent fortement.
S'agissant des professionnels de santé, dont certains intervenants ont estimé
qu'ils recevaient trop d'incitations à s'installer en milieu rural, il a observé
que la pyramide des âges était actuellement très défavorable, aboutissant dans
certains secteurs à une véritable pénurie de professionnels.
Il s'est aussi inscrit en faux contre les commentaires sur une prétendue
privatisation des services publics, notant que, dans son propre canton, de
nombreuses initiatives avaient été prises pour permettre une coopération entre
les collectivités locales, l'Etat et certains acteurs du secteur privé,
contribuant ainsi à maintenir certains services essentiels à proximité de
villages dépeuplés.
Il a enfin estimé que les dispositions relatives à la chasse étaient équilibrées
et que l'intervention des chasseurs protégeait en fait les agriculteurs qui,
sans leur présence, subiraient des dégâts de gibiers encore plus importants.
M. André Chassaigne a souhaité obtenir des précisions sur les positions de la
Confédération paysanne en matière de politique d'installation, s'agissant
notamment des compléments éventuels à la dotation aux jeunes agriculteurs. Il a
également souhaité connaître les propositions du syndicat concernant la cession
de terres afin de favoriser l'arrivée de jeunes professionnels non issus du
milieu agricole.
Abordant le statut de l'actif rural, il s'est interrogé sur les moyens de mieux
concilier, pour une même personne, les activités de production agricole et
celles relevant d'autres secteurs, notamment celles qui pourraient être
organisées conjointement avec les collectivités locales pour l'animation ou
l'activité touristique.
Il s'est étonné de la position apparemment favorable du syndicat vis-à-vis de
l'idée de créer des agences régionales de gestion foncière pour les espaces
périurbains et souligné les risques de dérives qui en résulteraient. Il a donc
souhaité connaître les propositions de la Confédération paysanne pour
démocratiser les SAFER tout en étendant leur compétence.
M. Jean Gaubert a tout d'abord souligné l'intérêt incontestable des propositions
transmises par la Confédération paysanne et a souhaité connaître son point de
vue sur le rôle des agences régionales des espaces agricoles et naturels
périurbains, ainsi que sur leurs attributions par rapport à celles actuellement
dévolues aux SAFER, soulignant les risques d'enchevêtrement de compétences. Il
s'est également interrogé sur les moyens de démocratiser les SAFER et les
chambres d'agriculture.
Abordant la question de l'installation progressive, il a demandé si une
disposition symétrique de cessation progressive d'activité pouvait être
envisagée et, dans ce cas, comment pourrait être supprimée la cotisation
minimale des agriculteurs aux régimes sociaux. Il a conclu en indiquant qu'il
fallait étudier, en concertation avec la Commission européenne, les possibilités
juridiques d'améliorer les modalités d'association statutaire pour les couples,
qui ne peuvent actuellement former des GAEC, la formule de l'EARL qui leur est
ouverte n'étant intéressante que si, en dessous d'un certain niveau de revenu,
elle leur permet d'être assujettis à l'impôt sur le revenu plutôt qu'à l'impôt
sur les sociétés.
M. Léonce Deprez a demandé des éclaircissements sur l'expression « agriculture
de loisir » en observant que l'espace rural était désormais valorisé par des
activités touristiques qui devaient être complémentaires de l'activité agricole.
Il a également souhaité obtenir des précisions sur les critiques formulées par
la Confédération paysanne à l'encontre des « lobbies », ce terme renvoyant en
réalité à l'activité des nombreux acteurs économiques qui interviennent en zone
rurale. Il a souligné qu'il lui paraissait stérile d'opposer les intérêts des
uns et des autres et qu'il fallait au contraire chercher une conciliation des
intérêts particuliers pour parvenir à un développement harmonieux des zones
rurales, conforme à l'intérêt général.
Mme Marie-Françoise Pérol-Dumont s'est demandée si les dispositions relatives à
la gestion foncière et à l'aménagement rural n'auraient pas dû figurer de
préférence dans le projet de loi relatif aux responsabilités locales, plutôt que
dans le projet de loi sur le développement des territoires ruraux. Elle a par
ailleurs estimé que l'accueil en milieu rural de populations aisées originaires
de certaines régions d'Europe, en particulier d'Outre-Manche, contribuait sans
doute au renchérissement des prix du foncier. Elle a souligné la nécessité de
maintenir des services publics forts en milieu rural et s'est interrogée, dans
cette perspective, sur la place des maisons de service public.
M. Patrick Lemasle a évoqué la gestion de la sécheresse estivale, et plus
particulièrement, et s'est enquis de l'ampleur des difficultés rencontrées par
les éleveurs pour disposer de fourrage dans des conditions acceptables, certains
d'entre eux semblant se heurter à des obstacles.
En réponse aux différents intervenants, M. Hubert Caron, secrétaire national de
la Confédération paysanne, a apporté les précisions suivantes :
- le projet de loi n'indemnise pas mieux les agriculteurs victimes de dégâts de
gibiers et restreint au contraire la responsabilité des chasseurs. Les « lobbies
» évoqués sont constitués par exemple par les chasseurs ou les grands
propriétaires fonciers, dont le point de vue, eut égard à leur poids économique,
semble mieux pris en compte que celui des jeunes agriculteurs s'installant ou
des chômeurs ruraux. Ainsi, certaines mesures telles que les simplifications
touchant les EARL, dont la superficie dépasse fréquemment les 200 hectares, ou
encore les exonérations fiscales pour la transmission d'exploitations et
l'exclusion de la dotation aux jeunes agriculteurs de l'assiette des cotisations
sociales, tendent à accroître le capital de ceux qui disposent déjà de moyens
importants mais ne s'adressent pas à ceux qui ont le plus besoin d'être aidés ;
- les aides à l'installation devraient pouvoir être perçues par un maximum
d'agriculteurs, alors que les aides de l'Etat en la matière restent actuellement
réservées à environ la moitié des nouveaux agriculteurs. Le nombre des
installations hors normes est aujourd'hui plus important en France que chez ses
principaux voisins européens, ce qui est dû à des critères d'octroi qui, faisant
prévaloir le critère de viabilité de l'exploitation, sont plus restrictifs que
les normes communautaires en vigueur. Les régions ont désormais des crédits
destinés à favoriser l'installation hors norme des agriculteurs, ce qui n'est
pas le cas de l'Etat, situation qui est anormale ;
- il est nécessaire de mettre en place un statut d'actif rural adapté et
d'assouplir les conditions d'accès aux différents régimes de protection sociale.
Les cotisations sociales devraient également être adaptées aux revenus de
l'agriculteur lorsque ceux-ci sont inférieurs au salaire minimum
interprofessionnel de croissance (SMIC) ;
- la Confédération paysanne ne dispose pas de données précises permettant de
juger si les cas de cessation d'activité d'agriculteurs installés hors normes
sont plus nombreux que ceux d'agriculteurs bénéficiant de la dotation jeune
agriculteur (DJA), même si l'on peut penser que le taux de cessation doit être
plus important pour les agriculteurs installés hors normes, puisque la DJA est
accordée à l'appui des projets les plus solides. Vouloir réserver les aides aux
projets a priori les plus prometteurs comporte de sérieux inconvénients, au
premier rang desquels une réduction significative du nombre des installations ;
- la notion d'agriculture de loisir s'entend d'une personne ou entreprise non
issue du monde agricole décidant de se lancer dans une activité agricole à titre
subsidiaire et ne devant donc pas bénéficier du système d'aide à l'installation
existant ;
- les agriculteurs ont particulièrement souffert de la sécheresse estivale, les
solutions du Gouvernement ayant été trop limitées. La collaboration entre l'Etat
et les agriculteurs pour mettre en ½uvre des mécanismes de solidarité n'a pas
empêché que le coût restant à la charge de ces derniers soit très important,
notamment à cause du prix des fourrages. La Confédération paysanne demande donc,
pour faire face à cette situation, un accès plus aisé des agriculteurs aux
droits sociaux, notamment au revenu minimum d'insertion (RMI). En outre, le
fonds national de garantie des calamités agricoles (FNGCA), qui ne prend en
charge que 25 % du coût de la sécheresse, est actuellement abondé uniquement par
l'Etat et les agriculteurs, alors que les banques et les industries
agroalimentaires devraient également y contribuer.
Puis, M. Paul Bonhommeau, représentant de la Confédération paysanne, a ajouté
les précisions suivantes :
- l'agrandissement des exploitations, qui va de pair avec la suppression des
exploitations les plus modestes, constitue un facteur important de
dévitalisation rurale, l'accroissement du revenu de l'exploitant se faisant au
détriment de celui de la valeur ajoutée créée sur l'ensemble du territoire.
L'exemple des battues administratives récentes, très médiatisées, qui se sont
déroulées dans l'est de la France et visaient non à prendre en compte les
intérêts des agriculteurs, mais à diminuer les risques d'accidents sur le réseau
autoroutier, montre que l'existence de grands domaines fonciers, caractéristique
de cette région, favorise la propagation du gros gibier. Il existe bien un lien
entre la faiblesse du taux d'installation des agriculteurs et la densité du
gibier, et il est regrettable que la loi ne définisse pas sur chaque territoire
un objectif de développement du nombre d'exploitations ;
- s'agissant de la politique d'installation, le texte du projet de loi reste
marqué par l'idéologie des années 1960, tendant à favoriser l'exode rural et la
productivité, par des aides qui contribuent à l'accroissement du capital, quel
que soit l'usage qui en est fait. La diversification des activités, la
multifonctionnalité ou les problèmes environnementaux ne sont pas pris en compte
dans les conditions d'attribution des aides à l'installation. La même logique
prévaut s'agissant de la transmission des exploitations, axée sur la
transmission familiale, ce qui ne correspond plus à la réalité actuelle
caractérisée par l'installation de plusieurs milliers de nouveaux agriculteurs
chaque année devant se procurer les bâtiments, les terres agricoles et le
capital nécessaire à l'exploitation. Il est donc nécessaire de revoir les
critères d'attribution des aides afin de les destiner prioritairement à ceux qui
en ont le plus besoin, leur affectation, indépendamment du capital de
l'agriculteur, semblant anti-économique ;
- le dispositif de la « caisse pivot », institué par la loi n° 93-121 du 27
janvier 1993 portant diverses mesures d'ordre social, a permis de gérer
partiellement le problème de la pluriactivité dans les zones rurales. Un rapport
du Commissariat général du Plan sur les évolutions prévisibles de l'emploi a
souligné l'inadaptation grandissante du statut de salarié au développement de la
pluriactivité, à la succession des périodes de chômage et d'emploi, et à la
nécessité de développer les actions de formation continue. Les agriculteurs
s'installant sur une exploitation peuvent aujourd'hui attendre plus de deux ans
avant de pouvoir adhérer à la caisse d'assurance sociale de leur activité, ce
qui n'est pas acceptable dans la mesure où ce délai est moins long dans d'autres
activités comme l'artisanat et les services ;
- la politique foncière agricole a traditionnellement cherché à limiter les prix
des terrains agricoles, ce qui ne semble plus être le cas actuellement au nom
d'une certaine libéralisation des prix. Il convient toutefois de rappeler que la
spéculation sur les biens fonciers renforce l'économie de rente ; il est par
conséquent de l'intérêt de tous de la limiter ;
- les SAFER ont pour défaut principal de ne pas respecter la pluralité des
syndicats agricoles, mais aussi de se comporter de plus en plus comme un acteur
foncier classique faisant prévaloir les intérêts de sa « clientèle », au lieu de
faire usage de son droit de préemption ou de révision des prix permettant de
mettre en ½uvre une politique d'aménagement foncier ambitieuse. Il serait donc
nécessaire de réviser le statut juridique des SAFER, pour élargir la
participation des acteurs du monde agricole à son capital, ce qui n'est
actuellement possible, compte tenu du fait qu'il s'agit d'une société anonyme,
que par le biais d'une injonction de l'Etat. Par ailleurs, les moyens
d'intervention des SAFER sont trop limités, comme le remarquent les gérants des
SAFER eux-mêmes ;
- le statut des biens des sections de communes est complexe, dans la mesure où
ces parcelles appartiennent aux habitants, et constituent une survivance de la
période prérévolutionnaire. Il serait nécessaire de répartir l'usage de ces
sections en fonction des principes régissant la répartition des biens agricoles,
c'est-à-dire entre les exploitants qui en ont le plus besoin et ceux qui sont
installés à proximité de la section. Les conflits sont de plus en plus
importants, ce qui a conduit la Confédération paysanne à prendre ponctuellement
la défense des agriculteurs contre les maires des communes ;
- il est nécessaire de mieux réguler les prix des biens fonciers, et de mieux
répartir leurs usages entre l'agriculture, la chasse et les loisirs. Une
utilisation uniquement agricole des terrains ruraux n'est pas souhaitable, mais
les autres utilisations doivent se faire dans la transparence, avec des
principes directeurs clairs et une égalité de traitement entre utilisateurs, ce
qui suppose un schéma de cohérence territoriale (SCOT) adapté et une impulsion
du représentant de l'Etat ;
- il convient de rappeler que la ville de Millau risque de voir son hôpital
public supprimé ; il est donc surprenant que ce projet de loi traite en priorité
de l'implantation des professionnels de la santé privés en zone rurale ;
- les mesures relatives à la fiscalité des exploitations agricoles à
responsabilité limitée (EARL) à associé unique sont intéressantes ;
- la possibilité de créer un groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC)
par un couple d'agriculteurs est limitée par certaines contraintes
communautaires, mais il reste nécessaire d'améliorer le statut du conjoint
collaborateur d'un exploitant agricole. Il est incohérent actuellement qu'un
couple puisse être réuni au sein d'un GAEC avec une tierce personne et que cela
devienne impossible dès lors que cette personne décide de se retirer. Le GAEC
reste donc une spécificité française soumise à une obligation de transparence,
qui présente aux yeux de la Confédération paysanne l'avantage de réunir dans une
même structure des associés travaillant effectivement sur l'exploitation. Par
ailleurs, les aides agricoles devraient être accordées non pas à chaque
exploitation indifféremment, mais en fonction du nombre de personnes actives sur
chaque exploitation.
C.- AUDITION DE M. HERVÉ GAYMARD, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE L'ALIMENTATION,
DE LA PÊCHE ET DES AFFAIRES RURALES
Lors de sa réunion du 9 décembre 2003, la Commission a entendu M. Hervé Gaymard,
ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires
rurales sur le projet de loi relatif au développement des territoires ruraux (n°
1058)
Le Président Patrick Ollier a rappelé que la Commission examinerait dans une
semaine le projet de loi relatif au développement des territoires ruraux et
souhaitait, dans cette perspective, entendre les explications du ministre en
charge de ce dossier.
Il a rappelé que la publication puis l'examen de ce projet de loi avaient été
repoussés à plusieurs reprises, bien que le texte réponde à une attente profonde
du monde rural, ce dernier ne pouvant être réduit au seul monde agricole. Il a
estimé que le texte comportait de nombreuses dispositions, parfois techniques,
partageant une philosophie commune consistant à simplifier les démarches
administratives des professionnels et à soutenir l'activité économique dans les
zones rurales les plus fragiles. Il s'est ensuite réjoui du renforcement des
incitations fiscales à l'installation des jeunes agriculteurs et de la
consolidation du rôle des SAFER et des chambres d'agriculture, ajoutant que
cette dernière devrait sans doute s'accompagner d'une ouverture accrue à la
diversité des acteurs du développement rural.
Puis, il a indiqué que le projet de loi reconnaissait l'importance des zones
humides pour le territoire français et s'inscrivait à ce titre dans une
véritable logique de développement rural, consistant à concilier dans ces zones
la préservation de l'environnement et le maintien d'activités humaines
essentielles pour l'économie des territoires ruraux. Il a également jugé très
positif le choix d'engager une concertation locale pour déterminer les zones
humides pouvant être soumises à servitude. Il s'est par ailleurs réjoui de
l'assouplissement du dispositif DEFI-Forêt permettant aux propriétaires de
parcelles boisées en montagne d'en bénéficier plus aisément. Il a ajouté que le
projet de loi contenait aussi des avancées s'agissant du pâturage extensif, qui
serait facilité et soumis à une procédure simplifiée.
Enfin, il s'est félicité du renforcement des maisons de service public, des
dispositions concernant les zones de revitalisation rurale et des
avantages accordés en zone montagneuse.
Il a estimé que ce constat positif n'entamait en rien la nécessité pour les
parlementaires d'enrichir le contenu du projet de loi. Il a rappelé que la
Commission avait, dans cette perspective, désigné un rapporteur sur l'essentiel
du projet de loi, M. Yves Coussain, mais aussi deux autres rapporteurs pour
accompagner son travail, M. Jean-Claude Lemoine sur les questions relatives à la
chasse, et M. Francis Saint-Léger sur les questions relatives à la montagne. Il
a indiqué que le ministre en charge des affaires rurales avait fait preuve
d'ouverture au cours des dernières semaines vis-à-vis des suggestions
parlementaires visant à renforcer les mesures d'aménagement du territoire et les
mécanismes créateurs de richesse - et, partant, d'activité - dans les zones
rurales. Il a enfin rappelé son rôle dans la création des zones de
revitalisation rurale (ZRR) en 1994, estimant que cette
responsabilité antérieure lui imposait une vigilance s'agissant de l'évolution
de ce dispositif.
Il a finalement considéré que le ministre en charge des affaires rurales était à
l'évidence soucieux d'innover et d'approfondir les mesures existantes pour mieux
défendre le monde rural.
M. Hervé Gaymard, ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et
des affaires rurales, a souligné le caractère interministériel du projet de loi
et indiqué la présence de M. Louis Hubert, conseiller de Mme Roselyne Bachelot,
ministre de l'écologie et du développement durable, et de M. Frédéric Chauvel,
conseiller de M. Jean-Paul Delevoye, ministre de la fonction publique, de la
réforme de l'Etat et de l'aménagement du territoire.
Il a d'abord rappelé l'engagement du Président de la République de définir une
nouvelle politique en faveur de nos territoires ruraux, lorsqu'en avril 2002, à
l'occasion d'un discours prononcé à Ussel, il avait souhaité préciser sa vision
d'un développement économique des territoires ruraux. Il a indiqué que la
décision prise de faire du ministère chargé de l'agriculture un département
également en charge des affaires rurales devait être comprise dans cet esprit.
Il a estimé que le projet de loi répondait également au sentiment d'abandon que
ressentent un grand nombre de ceux qui vivent et travaillent en zone rurale,
sentiment auquel la dispersion des politiques conduites n'a pas contribué à
répondre.
Il a également considéré que cette politique s'inscrivait dans la logique d'une
France décentralisée, dans laquelle l'Etat n'a pas vocation à tout faire mais où
il joue pleinement son rôle de « facilitateur », s'attachant, selon les cas, à
réguler, redistribuer, accompagner ou fédérer les initiatives locales et les
projets de terrain. Il a ajouté qu'il s'agissait bien là du sens du projet de
loi relatif au développement des initiatives locales, devant être examiné par
l'Assemblée nationale à la suite de ce texte.
Il a ensuite précisé que le projet de loi présenté visait à enrichir la « boite
à outils » mise à disposition des acteurs de la ruralité. Il a rappelé que ce
texte s'inscrivait en effet dans un dispositif plus large, baptisé en plusieurs
occasions « bouquet rural », comprenant les mesures décidées par le Comité
Interministériel d'Aménagement et de Développement du Territoire (CIADT),
présidé par le Premier ministre le 3 septembre dernier, ainsi que les
dispositions incluses dans d'autres textes, en particulier dans la loi sur
l'initiative économique et le projet de loi organique sur les finances locales,
adopté en Conseil des ministres le 22 octobre dernier, ou encore les mesures
touchant les infrastructures qui relèvent de M. Gilles de Robien, ministre de
l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer.
Il a souligné que projet de loi, dont l'objet dépasse la seule agriculture,
comportait cependant un volet agricole. Il a ajouté qu'un projet de loi de
modernisation agricole, annoncé par le Premier ministre, viendrait par ailleurs,
à la fin de l'année 2004, tirer les conséquences de la réforme de la PAC décidée
à Luxembourg au mois de juin dernier. Il a remarqué que ce second texte serait
l'occasion d'enrichir et de compléter les dispositions agricoles contenues dans
ce premier projet de loi.
Il a rappelé que l'élaboration de ce texte avait été interministérielle et très
concertée, de façon à se placer au plus près des réalités du terrain et des
initiatives qui s'y développent. Il a indiqué que M. Jean-Paul Delevoye,
ministre de la fonction publique, de la réforme de l'Etat et de l'aménagement du
territoire, et lui-même avaient chacun reçu, dans cet esprit, les représentants
des grandes associations d'élus locaux. Il a ajouté avoir également nourri sa
réflexion des échanges qu'il avait pu entretenir avec les parlementaires, à
l'occasion de ses déplacements sur le territoire national. Outre l'ensemble des
organisations professionnelles agricoles, il a indiqué avoir également consulté
la plupart des organisations contribuant à l'activité économique du monde rural,
et recueilli les propositions des différents acteurs de la ruralité. Il a
précisé que le Gouvernement avait aussi travaillé sur ce texte en relation avec
chacun des 22 conseils économiques et sociaux régionaux (CESR), l'ensemble de
ces divers contacts étant maintenus. Il a également noté que des groupes de
travail, largement ouverts, avaient parallèlement travaillé sur des thèmes
spécifiques et a cité le rapport de la DATAR sur l'aménagement de la France
rurale en 2020, travail dont il a souligné la grande qualité. Il a jugé que ces
différents rapports et auditions avaient permis au Gouvernement de dresser un
portrait précis du monde rural et des politiques conduites en sa faveur.
Puis, il a tenu à souligner la diversité des espaces ruraux français. Il a
remarqué que certains élus soulignaient le caractère « composite » du projet de
loi, qu'il a déclarer assumer, la variété des mesures proposées répondant à la
diversité du monde rural et des problèmes auxquels il est confronté. Il a ainsi
rappelé qu'à la limite des villes, une part croissante - soit environ le tiers -
des terres agricoles se trouve soumise à la pression grandissante de l'urbanisme
et de la spéculation foncière, ce qui entraîne fréquemment des conflits d'usage.
Il a ajouté que, sous l'influence des centres-bourgs le plus souvent, d'autres
espaces ruraux, où l'activité entrepreneuriale est importante et où la
population progresse, se développent et créent des richesses. Il a souligné
qu'entre 1975 et 2000, cette frange de l'espace rural français avait gagné près
d'un demi-million d'habitants, les Français étant chaque année plus nombreux à
s'y établir.
Il a estimé qu'il existe, à l'opposé de cette dernière tendance, une troisième
France rurale, constituée le plus souvent de communes très isolées, notamment en
zones de montagne, qui continuent à perdre des habitants. Il a précisé que
beaucoup d'entre elles voyaient leurs espaces agricoles progressivement
abandonnés et souffraient d'une mauvaise connexion aux réseaux modernes de
communication. Il a estimé qu'avec le développement des nouvelles technologies
de l'information et de la communication (NTIC), cette coupure prenait
aujourd'hui une nouvelle forme, celle de la « fracture numérique ».
Puis, il a considéré que les activités agricoles et la forêt conservaient une
place centrale dans l'aménagement et le développement de ces territoires, les
agriculteurs demeurant le « c½ur battant » des campagnes françaises même s'ils
ne sont plus l'activité dominante du monde rural. Il a remarqué que, pour
répondre à ces différents enjeux, le Gouvernement devait mobiliser une variété
de mesures législatives, privilégiant tantôt la norme, tantôt l'incitation. Il a
également précisé que l'Etat, garant de la cohésion nationale et de l'équité
territoriale, continuerait à jouer tout son rôle, qui serait à la fois celui
d'un « facilitateur », soutenant les initiatives locales, et celui d'un «
stratège », désignant les espaces qui, en raison de leur intérêt, doivent faire
l'objet de mesures particulières.
Il a ensuite rappelé les multiples objectifs poursuivis par le projet de loi :
favoriser le développement économique des territoires en déclin démographique,
protéger les espaces agricoles et naturels périurbains, améliorer l'attractivité
des territoires, assurer l'égalité d'accès aux services au public, protéger
certains espaces spécifiques ou sensibles, favoriser une pratique de la chasse
équilibrée par rapport aux activités agricoles et forestières, prendre en compte
les problèmes spécifiques des zones de montagne et adapter les établissements
publics appelés à intervenir en milieu rural.
Sans se livrer à un exposé exhaustif des différentes dispositions, il a souhaité
en évoquer quelques-unes unes parmi les plus significatives.
Il a indiqué que le premier objectif du Gouvernement était de conforter le
développement économique des territoires en déclin démographique, en y faisant
jouer la solidarité nationale de façon plus efficace et plus lisible. Il a
rappelé qu'à cet effet, le projet de loi propose d'aménager le dispositif des
zones de revitalisation rurale (ZRR), et d'en actualiser les zonages
en tenant compte des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI)
à fiscalité propre. Il a admis que cette question préoccupait un certain nombre
de parlementaires, mais a assuré pouvoir dès à présent garantir que les communes
classées en ZRR conserveraient le bénéfice du dispositif préexistant, qui
serait réactualisé pour tenir compte des données du dernier recensement. Il a
ajouté que, pour en améliorer l'efficacité et la lisibilité, le dispositif des
ZRR ferait par ailleurs l'objet d'une évaluation permanente.
Il a noté que le projet de loi proposait également de créer des Sociétés
d'investissement pour le Développement Rural (SIDER), de façon à faciliter, à
l'instar de dispositifs analogues existant en milieu urbain, les projets
économiques et les entreprises de peti